• Léna

Semaines 17 et 18 : de l'Europe à l'Asie, les vacances


Lundi 05 novembre 2018


Nous quittons, en fin de matinée, notre petit coin de paradis où nous sommes restés une semaine. La reprise est un peu, beaucoup, énormément difficile. Nous démarrons par un fort dénivelé sur les cinq premiers kilomètres. Ils nous paraissent interminables. Nous savons que c’est le tronçon le plus difficile, les kilomètres suivants devraient se faire aisément. Après une heure d’ascension, nous sommes heureux d’atteindre la route principale qui va nous mener à l’île de Poros. Un quart d’heure plus tard, surprise : nous rencontrons Laura et Luis. Il est 13h, nous nous arrêtons faire une pause déjeuner avec eux, puis repartons en leur donnant rendez-vous à Athènes. Nous arrivons en fin d’après-midi sur l’ile de Poros. Nous avons réservé une petite maison en bord de mer. Nous n’avons rien dit aux enfants. Ils s’attendent à bivouaquer. C’est la seconde surprise de la journée.


Nous passons au port avec Gilles pour vérifier les horaires du bateau pour Athènes : deux bateaux par jour et celui du matin n’accepte pas les vélos. Cela ne nous n’arrange pas car prendre le bateau en fin d’après-midi signifie arriver en début de soirée à Athènes, c’est à dire quand il fait déjà nuit et nous devons ensuite traverser Athènes pour rejoindre l’appartement où nous logerons avant notre départ pour l’Asie. Encore une bonne surprise : la personne qui nous loue la maison à Poros travaille au sein de l’agence qui vend les billets de bateaux. Nous lui expliquons notre « problème » et elle nous dit qu’elle va demander au capitaine s’il peut faire une exception. Nous serons fixés demain soir.



Mardi, nous visitons l’île. Nous sommes en mode promenade, non chargés. Les montées nous semblent faciles. Gilles a repéré une petite crique de l’autre côté de l’île. Celle-ci est accessible depuis une chemin à cailloux, plein d’ornières. J’ai plus l’impression de faire du VTT que du vélo. Les enfants et Gilles adorent, moi pas, mais après l’effort, le réconfort d’une petite crique me motive. Finalement, il s’avère que la petite crique de rêve est une exploitation de pêcheurs… Nous terminons notre tour de l’ile en fin de matinée, faisons une pause déjeuner dans un petit restaurant en face du port. L’après-midi chacun vaque à ses occupations, devoirs, plage, sieste, pêche, lecture. Fin d’après-midi, bonne nouvelle. Le capitaine accepte que nous prenions le bateau du matin. Départ 6h50 demain matin. Nous sommes contents car la traversée d’Athènes sera plus facile et nous allons retrouver mes parents dans peu de temps, mais sommes un peu nostalgiques de savoir que ce périple européen prend fin. La vie en bord de mer, sans touriste, nous plaît bien.


Mercredi, le réveil sonne à 5h. Nous sommes super motivés et heureux de nous dire que dans quelques heures, nous aurons atteint notre premier objectif : Athènes. Et c’est aussi l’anniversaire de Gilles. Nous arrivons au Pirée (le port d’Athènes) vers 9h. Nous revoilà dans la cohue d’une grande ville, il y a beaucoup de monde, c’est bruyant. Nous n’étions plus habités à cela depuis quelques semaines. Nous arrivons à notre logement. Dora, la propriétaire nous accueille chaleureusement. Nous déposons nos sacoches et après un petit détour à la boulangerie, filons au magasin de vélos qui va réviser nos montures pendant notre semaine de pause. Nous ne repartons pas les mains vides. Nous avons avec nous cinq gros cartons qui vont nous servir à emballer nos vélos pour le voyage en avion. Pause déjeuner dans un petit restaurant, place Victoria, juste à côté de l’appartement, pour fêter les 41 ans de Gilles. C’est la fête, nous nous autorisons boissons et desserts !!! L’après-midi sera dédié au repos, aux courses pour remplir le frigo. Les enfants sont un peu excités car leurs grands-parents arrivent dans la nuit. Ils viennent passer la semaine à Athènes avec nous.


Jeudi, 2h30, arrivée de Papou et Mamy. Un petit bisou aux enfants qui tenaient à ce que nous les réveillions. Retrouvailles et promenade le matin. Repos l’après-midi. Maëlle, la championne des pancakes, régale toute la troupe. Coiffeur pour Célia et Maxime. Barbier pour Gilles. Avec Maxime, nous faisons un super gâteau au chocolat, avec chantilly, smarties et bougies. Maxime en rêvait.


Vendredi au mercredi suivant : visite d’Athènes en famille : le marché central, le Pirée, l’Acropole et son musée, Plaka, le musée archéologique, le musée de Platon,… Nous avons du temps pour visiter tranquillement Athènes et passer du temps en famille. Nous faisons découvrir quelques spécialités grecques à Papou et Mamy, notamment le café glacé que Papou adore. Cette semaine est également consacrée à la préparation de notre périple en Asie, au démontage des vélos et à la mise sous cartons. Nous trions nos affaires et donnons à Papou et Mamy ce dont nous ne nous servons pas. Maëlle et Célia leur donnent également quelques habits, pas parce qu’elles en ont trop mais parce qu’elles ont fait quelques emplettes à Athènes. Dur dur d’avoir le même t-shirt ou pull pendant une année. Nous allons également boire un verre avec Samuel que nous avions rencontré à Trebinje en Bosnie, Laura et Luis, et Mickaël, un brestois qui a entendu parler de nous via Chuck et Susan (warmshower à Shkoder en Albanie) et qui souhaitait faire notre connaissance. C’est très sympa de se retrouver tous ensemble, cyclotouristes de tous horizons.



Jeudi 15 novembre 2018 : c’est le grand jour. Départ pour Bangkok à 17h55 exactement. Les cartons sont prêts depuis la veille au soir : il aura fallu une journée entière pour démonter et empaqueter les vélos. Une incertitude règne : le poids des cartons. Gilles et Maëlle partent à la recherche d’une balance. Etant donné le prix du kilo supplémentaire (40 euros tout de même), nous préférons dépenser 10 euros dans une balance pour assurer le coup. 13h30, le minibus nous attend au pied de l’appartement. C’est l’heure des au revoir avec Papou et Mamy qui quittent Athènes le lendemain. Nous voilà tous les cinq dans le minibus, prêts pour de nouvelles aventures. L’enregistrement se déroule sans souci. C’est OK pour le poids des bagages et pas de supplément pour les vélos. Heureusement que Gilles avait échangé avec la compagnie aérienne en début semaine qui lui avait confirmé qu’il n’y aurait pas supplément, car l’hôtesse ne nous a pas tenu le même discours.


Celle-ci nous informe que l’avion est en surbooking sur la classe économique et nous demande si cela nous gêne si l’un de nous est surclassé en Business class. Nous acceptons et serons informés au moment de l’embarquement si le surclassement est effectif. 17h15, début de l’embarquement. Les bagages cabines ne sont pas pesés, ouf, car nos sacoches ont quelques kilogrammes en trop par rapport au poids réglementaire. L’hôtesse vérifie nos billets. Quand arrive le tour de Gilles, son billet « bippe ». Il attend et l’hôtesse échange son billet contre un billet en Business class. Vous auriez dû voir le visage de Gilles. On aurait dit un enfant qui ouvre son cadeau de Noël et découvre le cadeau dont il rêvait. Le voyage passe très vite, chacun regarde un ou plusieurs films. Gilles a le droit à un mojito, amandes grillées à l’apéritif. Nous arrivons à l’aéroport de Dubaï vers 00h30, heure locale. Notre prochain vol est à 8h30. Nous passons la nuit sur des fauteuils. C’est impressionnant le nombre de voyageurs à transiter dans cet aéroport.


Vendredi, 7h45, embarquement pour Bangkok, la dernière ligne droite avant notre périple asiatique. 18h heure locale (5 heures de décalage horaire avec la Grèce, 6 heures avec la France), nous atterrissons à Bangkok. Aucun souci au passage de douane et nos cartons sont tous là. Un pick-up nous attend pour nous amener à Bang Sare situé à environ 150 km au sud de Bangkok. Choc thermique en sortant de l’aéroport. Cela fait 24 heures que nous sommes uniquement dans des lieux climatisés. Nous sommes heureux d’arriver dans la maison où nous logerons pendant une semaine afin de s’acclimater avant de découvrir le pays à coups de pédales. Il y a une piscine, alors, bien qu’il soit tard et que nous soyons fatigués, un petit plouf avant de se coucher nous fait un bien fou.


Samedi, nous nous efforçons à nous lever à 11h, dur dur le décalage horaire. Quand nous commençons à avoir faim, nous partons en ville. Nous découvrons notre nouvel environnement et la street food. Gilles sait déjà que cela va lui plaire : des brochettes à griller un peu partout, des soupes de nouilles,… La journée se termine tranquillement.




Dimanche, nous réussissons à nous lever une heure plut tôt que la veille, même si cela n’est pas facile. Nous nous sentons tout « ramollo » et nous obligeons à sortir. Direction le Sanctuaire des éléphants après un arrêt sur l’un des nombreux marchés que nous croisons. Nous nous régalons, entre autres, avec des beignets fourrés avec une sauce verte qui a le goût de la noix de coco. Nous faisons une balade à dos d’éléphants et les nourrissons avec des bananes, nous avons également le droit à un spectacle de danse traditionnelle. Nous découvrons que nous sommes des porte-monnaies sur pattes. Il faut payer, en plus du prix d’entrée, les bananes pour les éléphants, filer un petit billet au gars qui nous a fait la balade, idem pour les photos. Nous avions dit que nous ne souhaitons pas être pris en photos, mais une fois descendus de l’éléphant, les photos sont déjà prêtes, donc difficile de refuser, et cela fait tellement plaisir aux enfants. Alors quand ils nous proposent un buffet de fruits frais, nous demandons si là aussi il faut raquer. Et non cette fois c’est gratuit. La case Éléphant est cochée et nous sommes cependant contents de notre après-midi. Au retour, nous repassons prendre des beignets, ils sont tellement bons. Nous terminons cette journée et cette semaine en cochant une nouvelle case avec grand plaisir : les massages !


Mes petits bonheurs des 15 derniers jours :

  • le chili con carne fait par Gilles à Poros,

  • les cafés glacés en Grèce, surtout ceux qui ont un peu de chocolat,

  • les clémentines cueillies directement dans les arbres,

  • les desserts faits maison à Athènes : les pancakes de Maëlle, les cookies de Célia, les gâteaux au chocolat de Maxime,

  • les retrouvailles avec mes parents et les moments passés avec eux,

  • l’émotion ressentie dans le stade panathénaïque à Athènes le jour du marathon,

  • le restaurant en amoureux avec Gilles à Athènes (encore merci papa et maman d’avoir gardé les enfants),

  • le cadeau de Luis et Laura : ils nous ont offert leur spatule en bois, il nous en manquait une dans notre popote,

  • les parties de rummikub avec maman et les enfants,

  • la joie d’être tous ensemble dans l’avion et d’avoir du mal à imaginer que nous allons en Asie,

  • les fruits frais goûtés en Thaïlande : papaye, pitaya, petites bananes, ananas et encore pleins d’autres…

Encore un grand merci à tous pour vos messages, vos encouragements, vos pensées. Cela nous fait toujours aussi chaud au coeur.


L’Europe c’est déjà fini, ces 4 mois sont passés très vite mais nous avons le sentiment de les avoir vécus tranquillement. Nous sommes satisfaits de notre choix : démarrer par l’Europe nous a permis de prendre nos marques dans un environnement familier, qui a évolué progressivement, et ainsi nous adapter en douceur aux changements rencontrés.


A très bientôt pour les aventures asiatiques.


Léna

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