• Gilles

Semaine 46 : De Jasper à Banff, The Icefields Parkway

"The Icefields Parkway comme ils disent...la Promenade des Glaciers...c'est au Canada ce que la Great Ocean Road est à l'Australie, ce que la route 66 est aux Etats Unis et ce que la route touristique de la côte sauvage Penfoul - Kersaint est à la France" - Jean-Michel Petifuté


Le lac Peyto vu du sommet Bow à 2.165m

Lundi 27 mai 2019, à Jasper, à l'issue d'une nuit glaciale ayant atteint les - 5°, nous nous réveillons à 8h00 (nous avons encore changé d'heure la veille et pour notre corps il est 7h00). Nous lançons un feu pour nous réchauffer : il sera épaulé dans cette tâche par le soleil dans un ciel sans nuage. François et André viennent, comme de vieux amis que l'on connaîtrait depuis toujours, faire un brin de causette avant de reprendre la route. Après avoir évoqué les possibilités de se revoir au Québec puis les embrassades d'au-revoir chaleureuses, nous terminons notre petit déjeuner puis chacun prend un peu de temps pour soi afin de bien démarrer ce jour de repos mérité.

Jasper

Nous prenons nos vélos en fin de matinée pour nous rendre à Jasper faire une lessive, déjeuner, faire les courses et visiter. La ville est toute petite mais très animée, comme une station de ski en plein hiver. Elle est le point de départ de nombreux trails et de "la promenade des glaciers" (The Icefields Parkway) : un road trip réputé de 300km qui rejoint Banff en traversant les parcs nationaux de Jasper et de Banff. Nous allons le faire à vélo, mais l'absence de points de ravitaillement sur la route nous impose de prévoir des provisions pour 4-5 jours d'autonomie. Une fois nos tâches achevées, nous rentrons au camp.


Les jeunes aventuriers en charge du "BBQ"

Nous lançons un feu pour cuire notre repas du soir : porc mariné et pommes de terre en papillotes à la crème et à la fêta. Mais nous nous apercevons que nous avons oublié de provisionner du gaz en quantité suffisante pour les prochaines étapes, ce qui me vaut un second aller retour express à Jasper, soit encore 12km à rouler... Au retour, le repas est délicieux, et au moment d'aller faire la vaisselle avec Célia, une dame qui occupe l'évier nous regarde arriver comme si nous étions des fantômes : elle nous dit légèrement stressée de regarder derrière nous. Effectivement, c'est quelque peu inhabituel, puisque nous sommes suivis par une grande femelle Wapiti qui se met à courir vers nous...

Nous nous enfermons dans les toilettes, Célia et la dame dans les toilettes des femmes, et moi dans ceux des hommes, les bonnes manières ayant la dent dure face à la frayeur... Alors que la femelle Wapiti attend devant la porte des toilettes des femmes (peut être juste une envie pressante après tout...) , j'ouvre la porte pour intercepter Maëlle qui se dirige droit sur le wapiti en regardant ses pieds... Tout à coup le grand animal, de la taille et de la stature d'un étalon, charge une femme qui passe à proximité puis dévie heureusement sa course quelques centimètres avant l'impact. La femme en est quitte pour une énorme frayeur qu'elle manifeste dans un cri strident, et de notre côté nous voyons là une bonne occasion de quitter les toilettes pour aller de ce pas prévenir les rangers de la présence et de l'agressivité de l'animal. Ils se chargent alors de chasser en douceur l'animal dans un ballet que nous observons tout en faisant connaissance avec Kris, un jeune cyclo Allemand qui vient faire la traversée du Canada en solo et qui entend parler de nous depuis Vancouver au gré de ses rencontres sur nos traces. Les rangers nous précisent que la femelle est proche de mettre bas, ce qui explique son agressivité. Elle souhaite mettre bas dans le campground car la présence d'humains dissuade les éventuels prédateurs que sont les ours et les loups de s'approcher du petit : malin hein ? Quelques minutes plus tard, un nouveau spécimen de femelle wapiti, cette fois secondée par son petit de 2 jours, fonce à travers le camp pour échapper aux rangers qui ont changé de mission. La soirée se termine tardivement sur ces belles images !

Mardi, comme la veille, le rituel du feu matinal s'installe pour conjurer la peine causée par le froid mordant de la nuit. Cependant, nous avons mis au point la veille notre équipement en investissant chacun dans une paire de chaussettes chaudes et dans un kit de chaufferettes de survie à utilisation unique au cas où les conditions sur les glaciers venaient à être extrêmes. Comme nous n'aurons ni réseau, ni wifi durant les 5 prochains jours, Léna finalise l'article de blog de la semaine durant la matinée, pendant que nous vaquons à diverses occupations dont nos exercices de gainage qui sont désormais devenus hebdomadaires plus que quotidiens...La séance est particulièrement difficile, mais nous en sommes au 29è jour du défi qui en compte 30 : vivement que ça se termine ! Nous démarrons notre première étape de la promenade des glaciers vers 12h.

Avec Salomé et Florian aux chutes Athabasca

Nous sommes à 1000m d'altitude et nous allons passer 2 cols à plus de 2000m dans la semaine. Cette première étape est donc en pente douce. Nous nous arrêtons pique niquer face aux montagnes vers 14h et rencontrons un jeune couple Franco-Belge souriant sur leurs vélos chargés nous suivant de près. Il s'agit de Salomé et Florian, tous deux architectes en voyage pour 2 mois et avec qui le contact passe immédiatement. Après un bref échange, rendez vous est donné aux chutes Athabasca, cascade particulièrement puissante à 5km de là. Ce rendez-vous est le premier d'une longue série puisque nous allons finalement bivouaquer ensemble tout au long de la route jusqu'à Banff. Les chutes sont belles et surtout apportent de la fraîcheur à cette journée aussi chaude que les nuits sont froides.

Lac Honeymoon : nous sommes dans un fond d'écran !

Nous poursuivons notre route jusqu'au lac Honeymoon où nous nous poserons pour la nuit dans un campground. Nous montons le camp, nous lavons avec l'eau du lac au gant de toilettes, faisons un feu pour éloigner les moustiques et réchauffer l'air qui se rafraîchit rapidement puis mangeons notre kilo de pâtes sauce 4 fromages tout en devisant avec nos compagnons Salomé et Florian.

Nelly et Didier, aventuriers à moto

Nelly et Didier, un couple de Vendéens en pré-retraite ayant tout vendu pour vivre en nomades à motos sur les routes du monde, nous rejoint et nous faisons connaissance en partageant nos expériences et nos visions avec enthousiasme ! La nuit s'annonce encore très fraîche et l'étape du lendemain difficile, alors nous nous couchons tous vers 22h après le passage des rangers.






Mercredi, pour éviter la chaleur du milieu de journée et pour profiter un maximum de la route magnifique sans véhicules, nous nous levons à 5h30 et commençons à pédaler à 7h. Flo et Salomé partent devant. Nous prévoyons aujourd'hui d'atteindre le premier col à 2100m (Wilcox). Nous nous arrêtons fréquemment sur la route, profitant des paysages magnifiques pour reprendre notre souffle, boire et manger. Après une longue ascension éprouvante, nous atteignons le champs de glace et nous y arrêtons pour un moment de plaisir et de détente dans la neige.


Nous avons été surpris auparavant par le manège touristico-commercial qui a été mis en place : un promontoire desservi par un parking accessible uniquement aux bus, et payant, accueille nombre de touristes asiatiques qui partagent largement la croyance occidentale que si c'est payant c'est que c'est mieux...le truc c'est que le promontoire permet de voir exactement ce que l'on voit de la route, mais il est interdit de se garer. Bien joué : interdisons aux gens de s'arrêter puis mettons en place des navettes payantes pour ceux qui veulent admirer le paysage, encore un bel exemple des aberrations produites par l'appât du gain. Bon, de notre côté, en passant à vélo, nous avons tout le temps de profiter gratuitement de la beauté que la nature nous offre mais qu'elle ne ferait jamais payer d'elle-même (c'était la minute critique sociale !).


Nous arrivons au sommet Wilcox vers 13h00 et nous rendons dans le campground du même nom pour déjeuner et envisager de passer la nuit. Il est fermé, comme la majeure partie des services qui n'ouvrent qu'en juin, mais les Rangers nous ont dit la veille qu'en tant que cyclistes, on ne nous dirait rien si nous nous y installions... Une voiture de patrouille apparaît alors que nous déjeunons et la chef Ranger locale n'entend pas les choses de la même manière. Elle nous dit qu'elle ne peut pas accepter que nous restions et que nous devrions aller à l'hôtel, usine à touristes au champs de glace, 3km avant. Cette option n'est pas envisageable : nous voulons dormir dehors dans le froid glacial de la nuit à plus de 2000m, ça fait partie de notre aventure ! Nous envisageons d'abord d'avancer jusqu'au prochain camping à 35km, mais nous savons qu'il est fermé également et nous sommes fatigués par les 900m de dénivelés que nous avons déjà dans les jambes pour aujourd'hui... L'autre option est de se trouver un bivouac dans le bush à l'abri des regards et des rangers, mais dans ce parc national grouillant de faune pas toujours amicale, ce ne serait pas très responsable. Finalement, nous restons ici en préparant notre argumentaire pour les Rangers s'ils venaient à repasser : je leur proposerais la signature d'une décharge qui les dédouanera de toute responsabilité en cas de problème et qui précisera que nous avons été averti des dangers etc...Florian et Salomé nous rejoignent peu de temps après et partagent notre envie de braver l'autorité des Rangers. Seuls dans le camp, nous rangeons nos affaires et partons tous les 7 faire un petit trail qui nous fait monter à 2400m. La vue est somptueuse et nous croisons des mouflons d'Amérique sauvages.

Après une bonne heure de marche, nous rentrons au camp, nous mangeons notre kilo de pâtes bolo et nous couchons. Il est 21h00, et les Rangers ne sont pas repassés, probablement délibérément. La nuit est très fraîche et très calme.

Jeudi, nous nous levons à 5h30 à nouveau, frigorifiés, mais heureux d'avoir passé ce défi d'une nuit à plus de 2000m avec nos équipements 3 saisons.

Réveil sur notre camp à plus de 2000m d'altitude

Nous nous mettons tous en action pour nous réchauffer. C'est particulièrement dur pour Maxime ce matin là : il a froid, il est fatigué et le moral n'est pas au beau fixe au point qu'il qualifiera ce début de journée de "pire journée de sa vie"...Nous attaquons la descente à 7h00, et si c'est facile pour nos muscles encore engourdis, le vent nous gèle littéralement. Après 5km, nous nous arrêtons pour un petit trail. Maxime, qui n'en peut plus, met ses mains sous mes aisselles pour les réchauffer. Ça fonctionne et l'espoir d'une bonne journée se fait sentir, d'autant que le trail est complètement enneigé, si bien que la promenade est écourtée au profit d'une bataille de boules de neiges.

Attention, bataille de boules de neiges

En repartant, Maxime a retrouvé le moral et qualifie la journée de "meilleure journée de sa vie"! Le soleil commence à chauffer et nous redescendons progressivement jusqu'à 1400m. Nous croisons des mouflons d'Amérique sur la route, puis 2 ours noirs successivement : le premier traverse nonchalamment la route devant nous, le second est dans la forêt de notre côté de la route. Nous déjeunons ensuite tous ensemble sur une aire de repos avant de reprendre la route pour remonter à 1700m. Nous nous arrêtons régulièrement admirer les points de vue qui s'offrent à nous.


Notre camp au lac Waterfowl

Peu avant notre arrivée au lac Waterfowl, Nelly et Didier, les nomades à moto, nous rattrapent et s'arrêtent pour nous donner des clémentines : ils savent que nous avons principalement du pain et des pâtes pour 4 jours. Après un bref échange, nous leur donnons rendez-vous le lendemain à Lake Louise. Nous retrouvons ensuite Flo et Salomé au campground fermé du lac Waterfowl. Encore un immense site sans personne, pas de rangers à l'horizon. Nous établissons notre camp, nous lavons dans la rivière, lançons un feu, mangeons notre kilo de pâtes pesto puis faisons un UNO tous les 7 avant de nous coucher. La journée a encore été pleine et la fatigue se fait sentir !

Vendredi, nous nous levons à 6h00, faisons un feu pour nous réchauffer, petit-déjeuner, lavage de dents et vaisselle dans la rivière puis départ vers 7h30. L'étape démarre par 20km de grimpette pour atteindre le sommet Bow à 2100m. Il fait encore frais et la montée nous réchauffe. A un moment donné, j'entends Célia, en seconde position crier "Ours", code que nous avons mis en place plutôt explicite et au son duquel nous nous arrêtons immédiatement. Je m'arrête donc, mais sans voir l'ours en question, et pour cause, il est à 5m de nous sur ma droite et nous tourne le dos. Nous faisons donc du bruit pour lui signifier notre présence et il s'éloigne vers la forêt. Nous atteignons le sommet dans l'euphorie et avec la satisfaction d'avoir grimpé un second col à plus de 2000m dans la semaine.

Promis, ce n'est pas un "fond vert", mais vraiment le lac Peyto vu du sommet Bow !

Bonhomme de neige pour immortaliser l'ascension

Nous utilisons cette énergie pour marcher jusqu'à un point de vue incroyable sur le lac Peyto d'un bleu électrique. Maxime et Léna font un bonhomme de neige avant que nous repartions pour 45km qui nous feront redescendre à 1500m. Nous voyons alors notre premier grizzli avec son petit dans la plaine à une centaine de mètres. Un rangers le surveille depuis la route et nous fait signe de passer notre chemin. Nous déjeunons à Moskito Creek où nous retrouvons Flo et Salomé qui font la sieste. Nous aussi nous en avons besoin, les organismes commencent à peiner. Parvenus à Lake Louise dans l'après Midi, nous rencontrons Joren, un belge qui descend au Mexique en VTT depuis Vancouver. Il n'a pas croisé d'autres cyclistes depuis son départ. Nous le convions à se joindre à nous pour partager un emplacement au campground avec Salomé et Florian.

La joyeuse bande pour une soirée mémorable

Nous y retrouvons également Nelly et Didier. Il y a une supérette à Louise Lake, la première depuis Jasper, nous allons pouvoir manger autre chose que des pâtes. Tous les 10, nous organisons rapidement et efficacement une super soirée conviviale autour d'un feu qui nous sert de grill et de four : hamburgers maison, pommes de terre, omelettes, salades, cookies, vin, rhum et échanges passionnés et passionnants nous nourrissent le corps et l'esprit. Nous nous couchons repus, heureux mais fatigués vers 22h30, plein de belles images en tête.


Samedi, nous décidons de prendre un jour de repos qui démarre par un lever à 7h00 pour aller randonner au lac Louise. Nous nous y rendons en bus avec Salomé et Flo, quittant Joren, Nelly et Didier qui continuent leurs aventures respectives. Sur place, le lac est magnifique et nous empruntons un petit trail de 7km qui nous mène au lac Agnès. En marchant nous faisons connaissance avec Julien et Emilie et leurs 3 enfants partis en camping car depuis 2 ans et qui ont traversé l'Amérique du Sud et du Nord.


Lorsque nous rentrons au campground en fin de matinée, nous déjeunons, puis Flo et Salomé repartent en direction de Banff. De notre côté, nous démarrons une sieste qui dure...puis travail, lecture, repos pour cette fin d'après-midi. Après le dîner et une pizza cuite au feu de bois dans un four de notre confection, tout le monde se couche tôt, la fatigue accumulée ayant vraiment raison de nous. Je profite d'un bon feu pour mettre le site à jour en écoutant de la musique : un petit moment rien qu'à moi qui fait aussi beaucoup de bien !

Dimanche, nous nous levons à 6h00 ! Flo et Salomé nous ont envoyé un message la veille au soir pour nous signifier qu'il y a un restaurant indien qui fait buffet "all you can eat" (c'est à dire à volonté) à Banff le midi...Nous en avons rêvé toute la semaine, c'est dimanche et les nuits gratuites et les pâtes à chaque repas nous laissent le champs budgétaire libre pour un tel plaisir. Cette perspective est un vrai moteur pour les enfants qui se démènent afin que nous partions suffisamment tôt pour rouler 65km dans la matinée et être à Banff pour le déjeuner. Nous empruntons une très belle route dénuée de toute circulation pendant 30km sur laquelle un Rangers protège à nouveau un Grizzli de la présence humaine et inversement. Ensuite, nous rejoignons l'autoroute pour les 30 km suivants avant d'emprunter un trail pour les 5 derniers km. Nous arrivons devant le restaurant Indien à 12h00 pile...Comme quoi avec un objectif bien défini, une motivation correspondant aux attentes des participants et les moyens d'y arriver on peut tout faire ! Flo et Salomé nous y attendent et nous passons 2h30 à déguster l'ensemble des plats que propose le restaurant. Nous sortons du restaurant bien lourds, puis pendant que les enfants digèrent dehors, nous allons faire les provisions pour les prochains jours avec Léna. Faire les courses le ventre plein est un bon moyen de respecter le budget alimentation ! Ensuite, nous allons nous prendre un café au Tim Hortons : Léna s'endort pendant 2 heures sur la table, les enfants jouent et lisent, et je profite de la connexion et des prises de courant pour recharger le matériel et démarrer la rédaction de cet article. Il est 17h lorsque nous ressortons pour faire un petit tour de la ville à vélo. Nous grimpons ensuite vers le seul camping de la ville : nous sommes refoulés à l'entrée, il n'accepte que les vans et camping cars, la section "tentes" n'étant pas encore ouverte. Pas grave, nous roulons confiants 25km jusqu'au prochain village en espérant y trouver un endroit pour dormir. Il y a un campground tout simple dans lequel vient également d'arriver Joren, le cycliste Belge rencontré quelques jours plus tôt. Nous partageons un emplacement pour diviser les frais et passer la soirée ensemble avant de dormir. La nuit est moins fraîche que les précédentes, nous sommes redescendus à 1300m d'altitude.


Comme bien souvent, mais là particulièrement, la semaine aura été d'une densité incroyable, chaque journée portant son lot de sensations et d'émotions fortes et contradictoires : froid / chaud, faim / repu, fatigués / euphoriques, moral bas / émerveillement, montées / descentes, tensions / solidarité, seuls au monde / rencontres, sérénité / adrénaline et tant d'autres...Je trouve très difficile d'exprimer ce que l'on peut ressentir au delà de raconter de façon très factuelle nos journées, mais la vie intérieure qui accompagne les évènements (et les non-évènements) est extrêmement intense. Et pouvoir la partager au quotidien avec son conjoint et ses enfants et les rencontres de tous horizons que nous faisons est un privilège incroyable qui, pour moi, va bien au delà du simple fait de voyager et de voir du pays.


La semaine prochaine, nous passerons la barre mythique des 10.000 km et nous chercherons un moyen de rejoindre Toronto depuis Calgary en apportant nos vélos. Une nouvelle semaine, une nouvelle aventure !


A bientôt !


Gilles

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