• Léna

Semaine 45 : de Clearwater à Jasper : the wildlife

Lundi 20 mai 2019, la semaine débute par un jour de repos à Clearwater. Il fait beau, la température est idéale avec un petit air frais, le temps que j’adore. Nous avons un compagnon avec nous : un écureuil vit dans l’un des arbres qui bordent notre emplacement. Nous le voyons venir faire des allers et venues depuis son abri. Gilles a mis une pomme de pin à l’entrée de celui-ci et l’écureuil l’a emporté avec lui.


Lessive, travail pour les enfants, courses, entretien des vélos et remplacement des freins d’origine. Le camping possède une game room avec des fauteuils, une télévision, un babyfoot et quelques livres et jeux pour enfants. Maxime en profite pour jouer au babyfoot et regarder un match de hockey sur glace. Il a également trouvé des petites voitures et est super content. Maëlle et Célia s’installent dans les fauteuils pour lire. L’aire de jeux extérieure est également une grande source de distraction pour Maxime et Célia qui s’amusent avec une voiture miniature.


Pour le dîner, nous allons dans un restaurant dont la spécialité est la smoked meat, viande cuite pendant de longues heures. Maëlle n’avait pas encore fêté son anniversaire au restaurant. Elle souhaitait un restaurant de viandes, c’est chose faite. Nous nous régalons, même moi qui ne suis pas amatrice de viandes, c’est un délice.



Mardi, nous nous levons sous un grand ciel bleu. Après un passage au supermarché pour faire le plein de vivres, nous entamons notre étape du jour. Nous devons rouler une cinquantaine de kilomètres pour atteindre l’aire de repos la plus proche, où nous avons décidé de bivouaquer.



Vers le quinzième kilomètres, j’ai une étincelle : Maxime ne porte pas son pull, la dernière fois que je l’ai vu avec c’était au camping et je n’ai pas souvenir de l’avoir rangé. Après un sondage rapide, personne n’a rangé le pull et Maxime se souvient qu’il a peut être laissé dans la game room en partant ce matin. Nous nous arrêtons à un embranchement pour appeler le camping qui nous confirme que le pull est bien dans la game room. J’explique à mon interlocutrice que nous voyageons à vélo et lui demande si quelqu’un peut nous l’amener, nous ne sommes qu’à 18 kilomètres du camping, ce n’est rien en voiture mais pas question de faire l’aller retour en vélo. Elle me dit que personne n’est disponible ce matin mais elle me rappelle dans la journée pour me tenir informée. La journée se déroule tranquillement. Nous arrivons vers 16h à l’aire de repos. Toujours pas de nouvelles du camping. Je dis à Gilles que je vais aller faire du stop pour récupérer le pull. J’ai à peine le temps d’aller aux toilettes, que Gilles et Maxime embarquent dans le camping car d’un couple de retraités hollandais et repartent à Clearwater. Pendant ce temps, les filles et moi faisons des sudokus, lisons et Célia nous fait rire en chantant à tue-tête du Adèle et compagnie. Une heure et demie plus tard, les garçons reviennent, avec le pull, et Maxime est super content d’avoir fait du stop. Le gars qui les a ramenés est super sympa et a rassuré Gilles sur la présence des ours. Les ours sont bien présents mais s’attaquent rarement à l’homme, ils en ont peur. Le risque majeur est de se retrouver entre une mère et ses petits, de rester près d’une carcasse et d’avoir de la nourriture à côté de soi la nuit, ce que nous savons déjà. Il a même donné à Gilles une corde pour accrocher notre nourriture aux arbres car nous n’en avons qu’une.


L’aire de repos est idéale pour bivouaquer : toilettes, eau courante, tables de pique-nique et nous avons trouvé un emplacement près de la rivière et à l’abri des regards. Par contre, ce ne sera pas à l’abri du bruit, nous sommes ceinturés par l’autoroute et la voie ferrée.


Pendant que Célia prépare de bonnes pâtes bolognaises, Gilles et Maëlle montent les tentes discrètement. Nous n’attendons pas la tombée de la nuit car celle-ci est de plus en plus tard (21h30). Après le lavage des dents, nous mettons nos trousses de toilettes dans un grand sac poubelle (apparemment les ours sentent le dentifrice de très loin) que Gilles va poser dans un arbre avec nos sacoches de nourriture, à une cinquantaine de mètres de nos tentes. Puis c’est l’heure du coucher, avec un changement dans la répartition des tentes. Maxime prend ma place et je vais dormir avec les filles. Nous préférons, lors des bivouacs, être avec les enfants en cas de problème, comprenez en cas d’attaque d’ours, même si la probabilité est quasiment nulle.


Je suis contente de me retrouver entre Maëlle et Célia. Nous rigolons bien et elles se moquent de moi car j’aime dormir avec un matelas et un oreiller moelleux, c’est-à-dire pratiquement dégonflés. La nuit se déroule évidemment sans encombre. Par contre, c’est la nuit la plus froide que nous ayons eu depuis le début du voyage, et toute le monde a dû remettre une épaisseur au cours de la nuit. Pas étonnant, le thermomètre est descendu à 1°C.


Notre camp sur l'aire de repos, en bord de rivière

Mercredi, nous nous levons tranquillement et prenons notre temps. Ce soir nous faisons à nouveau un bivouac sur l’aire d’autoroute la plus proche, soit à 68 km.


Lecture de "Rémi sans famille" sur le bord de la rivière


Notre premier objectif est de faire le plein d’eau car bien que nous avons de l’eau courante sur l’aire, celle-ci n’est pas potable. Nous nous arrêtons dans un village appelé Avola, c’est en fait deux ou trois bâtiments et s’y trouve un station service. Chouette, nous allons pouvoir remplir nos bouteilles. Dès que nous franchissons le pas de la porte, nos bouteilles vides à la main, le vendeur, à peine aimable, nous dit que l’eau des toilettes n’est pas potable. Nous n’avons pas le choix, nous devons acheter de l’eau. Ce que nous adorons (c’est ironique) dans ces petits magasins, c’est que les prix ne sont jamais affichés. Nous n’avons donc aucune idée du coût des produits. Nous prenons trois bouteilles de 1,5 litres. Gilles passent à la caisse : 15 dollars, je pense qu’il n’y a pas eu de s’il vous plait. Gilles va reposer une bouteille. Pendant ce temps, Maxime et moi regardons un livre sur les animaux super bien fait qui montre notamment les empreintes et les excréments. Le vendeur, toujours aussi aimable, nous demande de le reposer si nous ne l’achetons pas. Il a de la chance d’être le seul boui-boui dans un rayon de 50 km…


Un peu plus loin sur la route, nous voyons un écureuil faire des bonds dans tous les sens sur la route. Son comportement est surprenant. Nous comprenons rapidement pourquoi il panique. Son petit, terrifié, est à plat ventre sur la route. Maëlle essaie de l’attraper mais il ne se laisse pas faire. Nous faisons ralentir une voiture pour qu’elle l’évite. Nouvelle tentative de Maëlle. Le petit grimpe sur son pied puis jusqu’à son cou et bondit vers le fossé. La maman qui s’était réfugiée de l’autre côté de la route réapparait et traverse pour rejoindre son petit. Nous sommes heureux de ce sauvetage.



Cette matinée nous réserve encore quelques aventures. Gilles croit voir un grizzli au loin. En effet, nous apercevons une grosse masse beige qui bouge. Après réflexion, il doit plutôt s’agir d’un wapiti, élan ou caribou. Et ce n’est pas fini, notre premier ours noir fait éruption. Gilles, en tête de peloton, a une bonne montée d’adrénaline et s’arrête net. Nous sommes à la fois tous excités et pas très rassurés. Nous entendons de gros bruits dans les arbres, ce sont deux oursons qui grimpent à toute allure. Ce n’est donc pas un ours mais une ourse. Elle repart dans les bois après que ses oursons soient montés. Nous attendons quelques minutes, faisons du bruit avec nos sonnettes et clochettes et reprenons la route, attentifs et vigilants. Un second ours apparait, cette fois-ci c’est moi qui suis en tête. C’est tellement surprenant que nous avons à peine le temps de réaliser. Même scénario : nous nous arrêtons, faisons du bruit et lui laissons le temps de repartir.


Quand nous arrivons à Blue River, nous nous arrêtons à la station service et demandons si nous pouvons remplir nos bouteilles. La vendeuse nous dit bien sûr avec un grand sourire, quel bonheur ! Nous lui prenons deux cafés puis partons à la recherche du supermarché. Nous arrivons devant l’épicerie que nous indique Google, mais le bâtiment ne paie pas de mine et semble fermé. Nous repartons à la deuxième épicerie, toujours indiquée par Google, mais il s’agit d’une aire de service et il n’y a rien à vendre. Par contre, nous rencontrons Rick Small, un aventurier canadien qui voyage avec une motocyclette qu’il a fabriquée et qui fonctionne avec des panneaux solaires. Nous revenons ensuite à la première aire de service, y achetons du lait et demandons où nous pourrions trouver du pain. La vendeuse nous indique l’épicerie. Nous retournons donc à l’épicerie et sommes un peu sceptiques devant le bâtiment. Le gérant sort et vient nous parler. Nous entrons et trouvons notre bonheur : du pain, des oeufs et de quoi se faire un dîner pas trop consommateur d’eau.


10 km plus loin, nous atteignons l’aire de repos où nous avons décidé de passer la nuit. Nous sommes accueillis par deux ground squirrels. Cela ressemble à des mini marmottes, mais appartient à la famille des écureuils.



Les ground squirrels

En arrivant, Maëlle se rend compte que le pneu avant de son vélo est crevé. Elle le répare avec Gilles pendant que Célia, Maxime et moi observons les ground squirrels.


Le site est idéal pour un bivouac : tables de pique-nique, toilettes et rivière en guise d’eau courante et accessible par une petite plage. Nous nous lavons à la rivière et y ferons également la vaisselle et le brossage de dents.






Les endroits à l’abri des regards sont dans les bois et un peu éloignés de l’aire. Nous préférons planter le camp dans l’étendue d’herbe et éviter les ours, nous savons maintenant que ce n’est pas un mythe. Nous mettons nos sacoches de nourritures et trousses de toilette à l’arrière des poubelles anti-ours. C’est une ranger qui nous a donné ce tuyau. Les poubelles anti-ours sont de grosses poubelles métalliques avec une ouverture particulière qui empêche les ours de pouvoir les ouvrir. Il y a un bouton poussoir sous la poignée. Donc même si l’ours arrive à mettre sa patte, il ne peut pas ouvrir le couvercle. Même configuration que la nuit précédente, Gilles et moi nous séparons pour dormir avec les enfants.




sourire un peu forcé lors de la troisième réparation de pneu consécutive...

Jeudi, au moment de partir, le pneu avant du vélo de Maëlle est à plat alors qu’il a été réparé la veille. Nous enlevons les sacoches, retournons le vélo, démontons la roue et partons à la recherche du trou. Je dis « nous » mais entendez Gilles et les enfants car j’avoue que je leur laisse faire cette tâche avec plaisir et ils le font très bien. Le pneu est réparé avec notre avant dernière rustine. Nous n’avons plus de chambre à air neuve, la dernière a été donnée à Jeff la semaine dernière (sa crevaison ne permettait pas une réparation avec rustine). Quand Maëlle s’apprête à remonter la roue, elle entend un bruit. Et rebelotte, nouvelle réparation de la roue avec notre dernière rustine. 3 crevaisons sur le même pneu en une seule fois, avec 3 morceaux de métaux issus de pneus de camion distincts : probabilité théoriquement quasi nulle, espérons qu’il ne nous arrive pas la même chose avec les ours…


Entre temps, Bert et Marry, un couple de retraités hollandais (encore un !) sont arrivés. Nous échangeons avec eux et ils nous offrent un café et des cookies. Les cookies sont à la noix de coco, Maxime qui n’est pas très fan de la noix de coco, comme ses soeurs d’ailleurs, cache son cookie. J’ai ainsi la chance de manger deux délicieux cookies avec mon café. Bert et Marry ont passé la nuit dans un camping à Jasper et ce matin, en se levant, ils ont vu un grizzli déambuler entre les campings car. Ils nous ont montré une vidéo. C’est impressionnant et tellement incroyable.


Nous entamons notre étape assez tard, il est plus de 10h et nous devons pédaler 80 kilomètres pour atteindre le prochain village. Nous espérons qu’il n’y aura aucune crevaison dans la journée. Nous passons notre temps à enlever et remettre nos manteaux car alternance de soleil et de pluie.

Nous repérons des empreintes d’animaux et essayons de les reconnaître (après recherche, il s'agit de traces de loups !).

En chemin, nous apercevons un ours noir de l’autre côté de la route, il n’est pas très gros, ce doit être un jeune. Nous faisons du bruit et il s’éloigne. Un peu plus loin, nous voyons une carcasse d’animal. Qui dit carcasse, dit probablement ours. Nous ne nous attardons pas pour savoir de quel animal il s’agit. A la pause déjeuner, Maxime s’amuse à chercher des traces d’animaux et voit des excréments qui semblent être ceux de ratons laveurs et d’ours.

L’étape est longue, mais pas trop dure. Les paysages sont toujours aussi fabuleux. Nous voyons les montagnes enneigées en fond de décor et sentons que nous nous en approchons. Nous sommes montés jusqu’à 900 mètres d’altitude aujourd’hui. J’ai l’impression d’être la petite figurine à vélo dans une maquette de train. Quelle chance de pédaler dans cet environnement.




En milieu d’après-midi, nous nous arrêtons faire une pause. Nous rencontrons un canadien avec qui nous discutons et qui nous demande si nous avons vu la carcasse : Il est passé devant en voiture et a vu un ours la dévorer !!!


Avant d’arriver au camping, nous passons acheter une petite douceur pour le dessert (yaourt et cookies) et croisons une jeune femme qui porte un casque de vélo. Nous lui demandons où nous pouvons trouver des rustines. Elle nous indique un magasin un peu plus bas qui fait notre bonheur : rustines, pompe (le manomètre de la nôtre ne fonctionne plus) et bouteille de gaz. La fin de la journée est classique : montage du camp, douches, connexion au wifi, cuisson des pâtes par Célia, dîner, vaisselle, lavage des dents et stockage de la nourriture et des trousses de toilette à l’arrière des poubelles anti-ours, puis tous au lit.


Vendredi, nouvelle journée de repos bien méritée après trois jours de vélo et 200 km à pédaler. Nous sommes à Yellowhead, village de 1000 habitants. Chacun se lève à son rythme. Je suis la dernière levée, il n’est pas loin de 10h, mais quel plaisir de rester trainer dans son duvet et de profiter des gros câlins de Maxime qui est venu me rejoindre vers 9h.


Notre camp près de la rivière au camping Yellowhead

Travail, courses pour deux/trois jours car nous ne devrions pas croiser de supermarchés avant Jasper, ville située à 130 km d’ici. Le temps est mitigé, alternance d’éclaircies et d’averses mais le camping a une aire abritée avec des tables, donc nous nous y réfugions si besoin. Le site est vraiment chouette. Nous sommes dans les bois, près d’une rivière. Le camping met à disposition des vélos pour enfants et devinez qui fait du vélo même les jours de repos : c’est notre Maxou, infatigable et content d’expérimenter le BMX. Il y a également un panier de basket et Maëlle se refait la main avec Gilles et Maxime. D’ailleurs, en parlant de basket, hier soir après la douche, Maxime me demande si je veux jouer avec lui au basket. Je lui réponds qu’après 80 km de vélo, je suis bien fatiguée et que je n’en ai pas envie. Je lui demande s’il n’est pas fatigué et il me dit qu’après une bonne douche chaude, il est de nouveau en forme. Je ne sais pas comment il fait. Ceci dit, dès qu’il est dans son duvet, il s’endort en moins de 5 minutes.


Quand Gilles et les enfants rentrent des courses, Maxime vient me voir, sourire aux lèvres et me montre le cache-cou qu’il porte. Je suis étonnée que Gilles lui en ait acheté un nouveau car il en possède déjà un. Maxime m’explique tout excité qu’ils sont passés devant un magasin de vélos et que les gérants leur ont offert 5 caches cous, des bonbons et des solutés énergétiques. Ils ont même fait une vidéo expliquant notre voyage et qui est maintenant sur la page Facebook du magasin (visible ici). Gilles en a profité pour acheter une nouvelle chambre à air.



Dans l’après-midi, Gilles et les enfants repartent au village pour trouver un nouveau réchaud. Le pas de vis du notre détendeur est usé et nous ne pouvons plus fixer la bouteille de gaz. Je reste au camping me reposer car je me sens barbouillée. Ils en profitent pour aller chez Tim Hortons, enseigne canadienne que nous avons découvert à Vancouver et retrouvons tout au long de notre route. On y trouve toutes sortes de boissons au café, chocolat, lait et de délicieuses gâteaux (cookies, muffins, cinnamon rolls,…) à prix corrects. C’est notre enseigne coup de coeur. Célia a craqué pour le « creamy chill chocolate », une boisson froide avec pleins de chantilly. Gilles et les enfants rentrent avec un nouveau réchaud, bien plus encombrant que l’autre, mais qui fonctionne avec des bouteilles de gaz que l’on trouve dans tous les magasins canadiens, ce qui va nous éviter d’avoir une bouteille d’avance. La soirée sera habituelle avec un diner près du feu.


Coucher de soleil, vue du camping Yellowhead


Samedi, quand nous nous levons, Gilles est déjà debout depuis 2 heures et a préparé le petit déjeuner, fait cuire les oeufs durs et fait un feu qui nous réchauffe car il ne fait que 5°C.







Nous quittons Yellowhead vers 9h30. Grosse étape aujourd’hui, nous avons décidé de pédaler 85 km pour atteindre le prochain campground. En fait plusieurs choix s’offrent à nous : un campgroung à seulement 35 km, une aire d’autoroute à 70 km et un autre campground à 85 km. Nous avons voté pour 85 km. Nous démarrons dans un décor toujours aussi magnifique, montagnes enneigées, rivière, sapins,… Un vrai régal pour les yeux.



Nous faisons une pause aux Rearguard Falls, limite de migration des saumons depuis l’océan Pacifique. Les saumons les plus valeureux réussissent à atteindre ce point situé à 800 miles de l’océan. Nous y rencontrons une allemande qui parle très bien le français et qui vit un tiers de l’année dans les Cotes d’Armor (Cap Fréhel).


Nous poursuivons notre route et voyons deux femelles wapitis qui remontent dans les bois. Le mont Robson, point culminant des Rocheuses (3954 m) nous fait face. Son pic est caché par les nuages et nous avons peu de chance de le voir entièrement car apparemment il ne se découvre que 14 jours dans l’année.




Vers le 34è kilomètre, nous nous apercevons que nous venons de passer devant un ours noir qui se promène sur le bas côté, du même coté que nous. L’ours ne réagit pas à notre présence. Nous arrêtons un peu plus loin et Maëlle réussit à le prendre en photo. Nous sommes super contents.



Un kilomètre plus loin, nous nous arrêtons sur le site/musée du mont Robson et y déjeunons. Nous prenons notre temps, visitons le musée, Gilles et moi faisons une sieste pour nous requinquer pour les 50 km restants. Célia profite du wifi gratuit du centre d’informations, Maxime s’amuse à rouler sur la petite colline en herbe et Maëlle gère son petit frère.



14h30, il est grand de repartir. Nous nous dirigeons vers le restaurant pour boire un café avant de reprendre la route et nous croisons André et François, des cyclotouristes québécois que Gilles et Maxime ont rencontrés la veille. Nous commençons à échanger et allons prendre notre café avec eux. Il est plus de 15h, le vent est de face, la météo de demain devrait être plus clémente et André et François nous disent que le campground est vraiment chouette. C’est décidé, nous restons passer la nuit ici. Et en effet, le site est vraiment bien, nous sommes au calme, dans les bois, il y a de l’eau chaude et des douches. Ce qui est top dans les campings et parcs au Canada, c’est que chaque emplacement possède une table de pique-nique et un fire pit pour faire du feu. Nous n’avons pas besoin cette fois-ci de mettre notre nourriture et trousses de toilettes à l’arrière des poubelles car des casiers métalliques sont prévus à cet effet.


Shamallows pour le dessert

Dimanche, la « Bombe humaine » retentit à 5h30. L’étape d’hier ayant été avortée, la grosse étape c’est pour aujourd’hui. Vers 7h, François et André, prêts à partir, passent nous dire bonjour. Nous quittons le campgroud peu de temps après et avons l’immense chance de voir le mont Robson sous un grand ciel bleu, complètement découvert. La nature nous fait un beau cadeau, cela vaut le coup de se lever si tôt.


Le mont Robson dégagé, encore sous la brume matinale

Il fait très froid ce matin et sommes bien couverts. Nos avons même enfilé pour la première fois nos cache-cous en guise de bonnets. Nous démarrons par une ascension de 10 km avec une pente douce. Nous avançons doucement. La suite de l’étape est plus facile. Les paysages sont encore à couper le souffle. Nous longeons le Moose Lake, c’est magnifique.



Nous croisons une nouvelle fois un ours noir qui traverse la route. Un camping car a dû piler pour le laisser passer.


Vers le 50ème kilomètre, nous voyons François et André qui repartent de leur pause déjeuner (je veux dire dîner, car au Québec, on ne dit pas petit-déjeuner/déjeuner/dîner mais déjeuner/dîner/souper). Nous faisons notre pause pique-nique, prenons notre temps pour reprendre des forces pour les 40 derniers kilomètres.


Dans l’après-midi, la nature nous offre encore un beau spectacle : nous voyons un wapiti, un jeune mâle. Ses bois ne sont pas très grands et semblent tout doux. Il est magnifique et se dresse et se déplace avec grâce.



Nous arrivons vers 18h à Jasper, il devrait être 17h, mais en entrant dans l’Alberta, nous avons changé de fuseau horaire. Nous faisons un détour dans la ville pour acheter quelques vivres et filons au campground. Ce site s’appelle « Wapiti » et il porte bien son nom car dans la soirée nous voyons une wapiti femelle et son petit et un peu plus tard, une autre femelle.


La femelle Wapiti, on aperçoit son petit derrière blanc

Des pancartes indiquent que nous sommes sur le territoire des ours et les règles à respecter sont très strictes pour éviter que les ours ne viennent roder près des tentes. A l’exception de nos habits et casques, nous mettons toutes nos affaires dans les casiers anti-ours. C’est dans ce campground que Bert et Marry ont vu un grizzli. Nous retrouvons François et André avec qui nous passons encore un excellent moment. Ils nous disent que le thermomètre devraient descendre en-dessous de zéro cette nuit. Nous enfilons plusieurs épaisseurs avant d’entrer dans nos duvets. Gilles se fabrique des chaussettes avec les manches de sa polaire et nous dormons tous avec nos cache-cous sur la tête.


Mes petits bonheurs de la semaine :

  • Observer les ground squirrels et les écureuils.

  • Voir des ours, même si c’est frustrant de ne pas pouvoir rester les observer comme nous pouvions le faire avec les kangourous.

  • Pédaler dans un décor fabuleux.

  • Vivre dans la nature.

  • Me laver dans la rivière.

  • Dormir avec Maëlle et Célia.

  • Regarder Maxime dans son duvet, heureux de dormir avec son papa.

  • Voir des wapitis.

Merci beaucoup pour vos messages et vos encouragements qui nous font toujours chaud au coeur. A très bientôt.


Léna


LE BLOG DE MAXOU :



Le drapeau canadien dessiné par maxime

Les ours au Canada par Maxime

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