• Gilles

Semaine 38 : de Sydney à Forster


Vue de Sydney depuis la baie

Lundi, nous nous réveillons avec le sourire : celui qui s'est dessiné lorsque nous nous sommes allongés sur le matelas moelleux de la chambre d'amis de Marie-Maud et Franck. Un plaisir simple, tout bête, mais oublié depuis un mois et demi que nous n'avons pas dormi ailleurs que sur nos désormais "bon vieux" matelas pneumatiques !

Après un petit déjeuner avec nos amis, ceux-ci vaquent à leurs obligations. De notre côté, Léna se concentre sur son article de blog, Maëlle travaille, Maxou joue et Célia m'accompagne faire quelques courses. Nous déjeunons avec Marie-Maud, l'occasion de continuer à refaire le monde que nous avions ébauché la veille au soir. L'après midi reprend sur le même rythme que le matin, puis lorsque Maëlle et Célia ont terminé leur travail, nous partons tous les 3 en quête d'un magasin de camping afin de trouver de quoi ré-enduire l'une des tentes dont l'étanchéité commence à faire défaut. Nous rejoignons ainsi Cogee Beach à vélo, mais le magasin que nous avions repéré n'existe pas, il nous reste alors 15 minutes pour retraverser cette partie de la ville avant qu'un autre magasin ne ferme. Nous nous prenons au jeu du contre-la-montre, fonçant sur les voies réservées aux vélos, courant dans les escaliers en portant nos montures et arrivons à temps...pour découvrir que c'est encore un magasin fantôme...Bon, comme disait Gérard Houllier en 1994 : "Quand ça veut pas, ça veut pas...", nous rentrons bredouilles mais contents d'avoir transpiré.

Vue sur Sydney Est depuis la côte à Maroubra

Pendant que les enfants jouent avec Léandre et Maxine qui sont revenus de l'école, Léna et moi allons découvrir la "balade de Marie-Maud", un sentier qui longe la côte de Maroubra restée sauvage. Une magnifique promenade qui alterne les paysages lunaires et sauvages et les vues mélangeant falaises et cité. A la nuit tombée, nous rentrons pour un dîner chaleureux où nos expériences s'échangent et le monde se refait encore. Maxime dira de ce repas préparé par Marie Maud qu'il est le meilleur de sa vie (bravo et merci MM, tu as enfin effacé le Mac Do comme référence suprême) !


Mardi, nous partons visiter Sydney ou plutôt prendre la mesure de l'ambiance qui y règne et voir les incontournables. Nous nous rendons en bus dans le centre (CBD pour Center Business District), visitons la première cathédrale de Sydney (Saint Andrew), traversons le Queen Victoria Building, trouvons pléthore de magasins d'outdoor qui nous faisaient défaut la veille, puis nous déambulons au hasard des rues vers le quartier "The Rocks" sous le Harbour Bridge. Nous y mangerons nos plats pris dans un food court en se remémorant Bangkok. Nous arpentons ensuite les petites rues historiques de The Rocks, puis revenons vers le fameux opéra où nous prenons un ferry pour Manly sur les bons conseils de nos amis. Cela nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur Sydney et le CBD. Même si le temps n'est pas fameux, c'est sympa à voir et nous profitons bien de cette traversée. Après avoir marché jusque Manly Beach nous reprenons le ferry en goûtant, puis un bus pour rejoindre Bondi Beach, la plage de surf par excellence.


Nous observons quelques instants les surfers arrivant en courant, la planche sous le bras (c'est le seul moment où les Australiens courent comme dit Franck) puis partant "rider" avec pour beaucoup ici, une certaine facilité. Nous passons ensuite devant la piscine océanique "Icebergs" et empruntons une partie du chemin côtier Bondi to Cogee sur lequel nous croisons énormément de joggers.

Les enfants se sont bien trouvés

De retour chez Marie-Maud et Franck, nous confions les enfants à leurs pizzas et nous partons entre adultes dîner dans un pub typique. Une excellente soirée qui continuera ensuite à la maison après s'être fait sortir du pub à 22h, heure du dodo pour les Australiens.







Mercredi, le début de la matinée est consacré à un peu de maintenance : enduction de notre tente et nettoyage des transmissions des vélos. Nous partons ensuite nous promener dans le quartier alternatif de Newtown où se côtoient les friperies, les brocantes, les barbiers punks, le street art...un genre de Camden en plus étendu mais moins dense. Nous aimons beaucoup sentir l'ambiance de ce style de quartiers et découvrir sous cet angle les villes que nous traversons.

Nous rentrons ensuite pour le retour de l'école de Léandre et Maxine : sports de vague au programme. Nous emmenons planche de surf, body board, skim board, handboard (pour le bodysurf), direction Maroubra Beach pour une longue session tous ensemble dans les vagues. Maxime, Célia puis Maëlle peinent un peu à retrouver les automatismes du surf appris dans les 30cm de mousse de Penfoul dans le Finistère : les conditions sont un peu différentes ! Mais tout le monde s'amuse, et nous rentrons sourire aux lèvres pour un dernier barbecue avec nos amis-hôtes. Encore une belle soirée avant une dernière nuit dans ce lit si douillet !


Jeudi, nous prenons le petit déjeuner tous ensemble, faisons une petite séance photos souvenirs avant que Marie-Maud, Léandre et Maxine partent pour l'école. Les au-revoir sont chaleureux mais difficiles, notamment pour Maxou qui a particulièrement apprécié de passer du temps avec des copains Français, et pour nous aussi finalement qui quittons ce foyer si accueillant, simple et chaleureux. Mais la perspective de retrouver la nature nous réjouit aussi. Nous partons vers 10h, direction la gare. La traversée de Sydney est une partie de plaisir, le trafic étant très raisonnable à cette heure (bien en deçà du standard de nos grandes villes en France). Nous prenons ensuite un train pour Newcastle : il y en a toutes les 1/2h, ça coute le même prix qu'un trajet en bus de 10km dans Sydney, le chef de train se montre très avenant pour nous aider à embarquer les 5 vélos et cela va nous permettre d'éviter une zone particulièrement fréquentée en terme routier. 3 heures plus tard, nous débarquons à Newcastle sans encombre. Nous empruntons ensuite un mini ferry pour traverser la Hunter River et rejoignons le quartier de Stockton.

Notre lieu de bivouac du jour

Après quelques kilomètres, nous repérons un endroit abrité des regards sur la promenade qui longe la rivière où nous pourrons planter les tentes pour la nuit. Nous trouvons des tables pour cuisiner et manger en bordure d'un terrain de foot où Léna fait connaissance avec une Française et ses filles expatriée à Newcastle depuis 2 ans, pendant que les enfants et moi jouons au foot avec un ballon emprunté au club et préparons le repas. La nuit tombée, nous rejoignons discrètement notre lieu de bivouac, montons le camp et nous endormons en retrouvant ce confort sommaire, mais suffisant.


Vendredi, nous plions le camp sous la pluie avant le lever du jour puis nous retournons au terrain de foot prendre notre petit déjeuner abrités sur le banc des entraineurs ! Il est encore tôt lorsque nous partons, et nous roulons 45km dans la matinée jusqu'à Nelson Bay nous faisant surprendre par la pluie drue qui nous trempera jusqu'aux os en 15 minutes sur une portion de route sans abri. Mais après avoir vidé nos chaussures et essoré nos chaussettes en riant, nous repartons et séchons au vent.


Arrivés à Nelson Bay, ayant bien roulé, s'étant levés tôt, ayant un barbecue à disposition, nous décidons de ne pas faire notre pique nique habituel, mais d'aller nous ravitailler en protéines à griller. Maëlle et moi partons au supermarché à 2 km pendant que les autres se reposent et sortent l'attirail nécessaire à la cuisson. Nous achetons de la viande en quantité déraisonnable (règle bien connue mais non respectée : "ne jamais faire les courses quand on a faim" et encore moins après 50km de vélo et qu'on a TRÈS faim) et lorsque nous revenons aux vélos garés devant le supermarché, nous découvrons le pneu de Maëlle à plat. Le pneu et la chambre à air sont perforés sur le côté d'une entaille d'un bon centimètre...Est-ce que c'est une dégradation volontaire faite par quelqu'un ? On n'en aura pas la certitude, mais vue l'entaille et le moment auquel c'est arrivé, ça y ressemble. Bref, changement de chambre à air express sur le trottoir, scotchage du pneu avec un scotch souple et résistant, nous commençons à nous débrouiller pour faire ce genre de réparations rapidement. Il va falloir que ça tienne jusqu'à la semaine prochaine et au prochain magasin de vélo, et ça, c'est pas gagné, l'aventure pourrait être mise en péril...(teasing à la Célia, qui emprunte elle-même les techniques de "Grand Reportage" sur TF1). Nous retournons auprès du barbecue et de Léna, Célia et Maxou qui commençaient à s'inquiéter (mais Maxou avait parié qu'on avait crevé...). Nous faisons honneur aux bouchers Australiens avant de rejoindre l'embarcadère du ferry qui nous permettra de traverser pour aller à Tea Gardens. Nous montons à bord de la petite embarcation qu'ils appellent le ferry, après avoir installé les vélos sur le toit. Le commandant connaît la baie comme sa poche et plutôt que de traverser à fond les ballons, il prend le temps de nous emmener voir les dauphins juste pour le plaisir ! Nous voyons ainsi nos premiers dauphins de près qui passent d'un côté à l'autre du bateau, émerveillés que nous sommes par cette nature si harmonieuse.

Durant la traversée, un local nous donne de bons tuyaux sur des sentiers praticables à prendre pour éviter les grandes routes sur les 100 prochains kilomètres. Débarqués à Tea Gardens, nous roulons 15km pour rejoindre le parc national de Myall Lakes. Sur la route, à Hawks Nest, nous nous arrêtons regarder des chauves-souris géantes qui s'approprient une dizaine d'eucalyptus. Certaines d'entre elles se battent en hurlant, d'autres font sécher leurs ailes en les déployant à la gloire de Batman ou se drapent dans leurs ailes telles Dracula la tête en bas. Encore un instant magique. Nous parvenons juste avant la tombée de la nuit à un terrain aménagé avec des toilettes dans le parc national.


Samedi, nous nous levons tôt, plions le camp et quittons les lieux avant le passage des rangers. Nous roulons une dizaine de kilomètres en quête d'un spot avec une table pour prendre notre petit-déjeuner. Nous trouvons notre bonheur au lieu-dit "Hole in the wall" surplombant la plage. Seul un photographe avec un téléobjectif d'1m20 attend patiemment ici de pouvoir déclencher à la survenue d'on-ne-sait quel évènement improbable. Et nous allons rapidement découvrir ce qu'il guette, un banc d'une vingtaine de dauphins se dirige vers nous, longeant la côte et surfant au passage les vagues. Une fois le premier banc passé, Bob le photographe nous quitte après nous avoir promis de nous envoyer quelques photos issues de son shooting. Nous prenons notre petit déjeuner en voyant passer deux autres bancs de dauphins aussi nombreux ! Alors que nous nous étions fait violence pour rouler le ventre vide en quête hasardeuse d'un spot sympa, nous trouvons dans ce moment délicieux une récompense inégalable et l'illustration encore une fois qu'en restant ouvert au moment présent, sa magie vient seule à nous.


Le cadeau du jour !

Pleins d'énergie pour la journée, nous reprenons la route des lacs, nous arrêtant de temps en temps contempler le paysage. Nous empruntons ensuite un tronçon de 20km de pistes, un trail fermé aux véhicules motorisés, sur lequel nous croisons les rangers faisant leur tour matinal. Nous déjeunons dans le bush en observant les énormes fourmis rouges qui peuplent l'endroit. De retour sur la route, la chaleur est à son comble et nos réserves d'eau sont épuisées. Après une pause "coca" dans une mini station service, nous voyons sur la route un motard accidenté au sol, en attente de l'arrivée des secours. D'autres véhicules et ses collègues motards ont mis en place les mesures d'urgence adéquates dans ce type de situation. Nous repartons donc, un peu refroidis, mais sensibilisés à la sécurité et attentifs comme jamais sur cette route sinueuse et étroite. Après 60km d'étape, nous nous arrêtons dans un camping entre lac et plage où nous montons le camp avant d'aller nous baigner seuls dans l'océan agité. Maxime confectionne un jeu de "mito" (découvert avec ses copains à Sydney) avec du carton récupéré pendant que nous faisons le repas.


Dimanche, alors que nous nous étions mis d'accord pour ne pas mettre de réveil, tout le monde est debout à 6h45. Mais étonnamment, le soleil est déjà levé...c'est le passage à l'heure d'hiver qui réduit le décalage avec la France à 8h. Nous décidons de faire une petite étape pour rejoindre Forster où nous pourrons faire le plein de vivres, profiter du beau temps enfin retrouvé, trouver un pneu pour le vélo de Maëlle (lundi), et avoir le réseau qui nous fait défaut depuis quelques jours pour mettre à jour le site / blog.



Il nous reste 3 semaines en Australie et 700km à parcourir pour rejoindre Gold Coast où nous retrouverons Lucile, ma filleule qui vit à Brisbane, avant de nous envoler pour Vancouver.


Une semaine bien complète s'achève, avec du repos et des efforts, des partages entre amis et des moments de contemplation silencieuse, la ville puis la nature sauvage, la pluie et le soleil, des rires et des larmes...la vie quoi !


Bonne semaine !


Gilles.

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