• Maëlle

Semaine 35 : De Paynesville à Eden.


Dan, Erika et leur chien

Lundi 11 mars, nous partons du camping de Paynesville. Dans deux jours, cela fera déjà un mois entier que nous serons en Australie. Le temps passe tellement vite ! Nous roulons quelques kilomètres jusqu’à Bairnsdale où nous nous arrêtons faire des courses. Nous rejoignons ensuite le « East Gippsland Rail Trail » , un chemin cyclable d’environ 90km qui passe dans la forêt, et qui nous offre un cadre plus sympa que la route. Sur le chemin nous croisons un couple de cyclos, Erika et Dan. Ils s’entraînent pendant 5 jours avec leur chien dans une carriole, en prévision de leur traversée du désert d’Australie.


Un échidné à nez court

Le chemin continue, nous montons un peu mais en pente très douce, ça roule tout seul ! Nous entendons beaucoup d’animaux cachés dans la forêt et nous voyons un wallaby ! C’est un petit kangourou de couleur un peu plus foncée, ils sont trop mignons ! Nous retrouvons aussi un animal que nous avions découvert la semaine passée : l’échidné à nez court. Cela ressemble à un porc-épic. Nous nous arrêtons comme d’habitude pour le pique-nique puis repartons. Vient la pause de l’après-midi et nous passons enfin les 7000km ! J’ai l’impression que cela fait une éternité depuis les 6000 (en Asie).


Le Stony Creek Trestle Bridge

Vers 18h, il est temps de choisir où dormir. Nous sommes près d’un ancien pont en bois (le Stony Creek Trestle Bridge), où il y a des toilettes, une table, et un carré d’herbe pour planter les tentes : c’est le bivouac parfait ! Nous posons les vélos, nous lavons rapidement au gant de toilette et préparons le dîner. Après ça, chacun prend son rôle : moi et Célia montons la tente des enfants, Papa monte la sienne avec l’aide de Maxime, Maman décharge les vélos, puis nous finissons tous le rangement des sacoches. Rapide et efficace !



Martin l'aventurier québécois

Le lendemain, nous nous réveillons tranquillement. Les tentes sont un peu humides, comme presque tous les matins depuis qu’il ne fait plus trop chaud. Comme il n’y a pas de robinet, nous n’avons pas pu faire la vaisselle hier soir. Nous plions donc le camp et allons jusqu’à Nowa Nowa (dans 2,5km) pour prendre le petit-déjeuner. Nous trouvons un petit parc avec des sanitaires et des tables. Nous rangeons la vaisselle quand un cyclo s’arrête : c'est Martin, un québécois qui va aussi à Sydney à vélo. Il a déjà voyagé un peu partout dans le monde et ne fait que des bivouacs (avec quand même un petit camping de temps en temps, histoire de prendre une douche). Nous discutons pas mal avec lui puis repartons sur le Rail Trail. C’est un peu plus vallonné qu’hier, nous avançons un peu moins vite, Martin nous rattrape ! Nous parlons encore longuement. Il nous met en garde contre les ours au Canada. Petit conseil : avoir une bombe à poivre au cas où nous en rencontrons un. Il nous faudra aussi savoir reconnaître les différentes espèces : l’ours blanc (grizzli) et le brun. Pour le grizzli, il faut faire le mort et se protéger la tête. Mais pour l’ours brun, qui n’a pas une très bonne vue, c’est l’inverse ! Il faut faire du bruit et des grands gestes pour avoir l’air imposant. Nous avons donc intérêt à bien les reconnaître car si nous faisons du bruit et des grands gestes devant un grizzli…. Nous ne serons certainement plus là pour vous raconter ! D’après Martin, il y a des morts tous les ans à cause des ours, mais si on sait comment se comporter, il n’y aura pas de problème ! J’espère quand même qu’on ne se fera pas pourchasser en haut d’un col en altitude, car les ours courent très vite en montée. C’est à dire qu’il faudrait tout redescendre…



Ulf le voyageur allemand

Après cette longue pause, nous roulons, loin du bruit des voitures, c’est très agréable ! Les bruissements des feuilles sont toujours aussi nombreux, signe qu’il y a des animaux. En effet quelques kilomètres plus loin, nous voyons une petite boule noire au loin: qu’est-ce que c’est ? Nous nous approchons un peu et c’est un énorme scinque (serpent-lézard) ! De derrière on ne le voyais pas très bien mais plus nous sommes près plus il paraît grand (1m environ !). Papa sort son téléphone pour le prendre en photo mais malheureusement il s’enfuit avant. Nous voyons aussi quelques wallabies qui traversent la route. Nous nous arrêtons déjeuner sur une table de pique-nique, au milieu de le forêt. Le vent commence à arriver mais coup de bol, il est dans notre dos ! Nous suivons le Trail jusqu’à sa fin, à Orbost. Pour cette nuit, ce sera camping ! Maman et Célia partent faire les courses, on travaille un peu et papa regarde le trajet pour les jours à venir. Nous allons devoir passer par l’autoroute pendant 250km et ce ne sera pas plat du tout… Ulf, le cyclotouriste allemand que nous avions rencontré quelques jours avant, est aussi ici ! Il loge un peu plus loin, dans le centre du village. Il nous annonce qu’après 10 jours de voyage à vélo, il trouve cela un peu fatiguant et préfère continuer en bus. Papa lui propose de pédaler un peu avec nous mais Ulf a déjà renvoyé son vélo en Allemagne ! Nous finissons la soirée avec un bon dîner et allons nous coucher tôt pour attaquer en pleine forme le lendemain matin.



Un des gros camions qui nous dépasse à toute allure (et encore, celui-ci est de taille raisonnable)

Mercredi, nous repassons au Foodworks (supermarché) faire le plein de vivres, de quoi tenir 3 jours. Sur l’autoroute, il n’y aura pas de magasins. Nous traînons un peu au camping. Papa doit faire quelques réglages sur son vélo, nous croisons Martin le québécois au supermarché. Il part dans les Alpes australiennes, où il fait 0°C en ce moment. Nous quittons donc le camping aux alentours de 11h, et partons vers l’autoroute. Nous débutons par des petites montées-descentes pour s’échauffer. Nous sommes sur l’autoroute et les gros camions commencent à arriver. Il n’y a pas de voitures simples sur cette route, soit la voiture tracte une caravane, soit un pick-up tracte un bateau. Nous faisons une quinzaine de kilomètres avant de nous arrêter pour manger sur une aire de repos. Les montées à 120-150m s’enchaînent.


Notre spot de bivouac

Nous avançons 25km et arrivons à un « Hôtel-Motel ». Nous leur demandons si c’est possible de mettre les tentes sur leur carré de pelouse derrière mais malheureusement ils refusent. Ils nous conseillent un autre spot 7km plus loin, près d’une aire de repos. Petite pause Coca pour remonter le moral des troupes, puis nous repartons. Les 7km sont en descente et nous arrivons vite au spot de bivouac. Il y a un chemin qui part dans la forêt tropicale et qui débouche sur un petit parking et des tables : nickel ! Nous nous lavons et nous changeons rapidement. C’est infesté de moustiques, bonne occasion pour tester notre répulsif qui se révèlera très efficace ! Nous montons les tentes, rangeons les vélos et dînons, pour finir la journée bien au chaud dans nos duvets.


Un vrai "big truck"

Jeudi, nous sommes assez efficace ce matin. Nous sommes prêts à partir dès 8h30. Il bruine un peu mais nous allons vite nous réchauffer car une montée nous attend ! Les vallons continuent mais les pentes sont assez douces (pas plus de 5% en général). Nous nous arrêtons déjeuner au Caravan Park gratuit de Cann River. Nous faisons le plein d’eau, nous prenons une douche (froide mais c’est mieux que rien !). Ce petit village contient un « General Store » (petit supermarché où tout est deux fois plus cher que d’habitude). Nous nous y rendons pour acheter du pain et de quoi remplir nos sandwichs pour les prochains jours. Le vendeur vient nous parler, tout impressionné par notre voyage. Il nous a vu sur son chemin et s’étonnait de voir Maxime pédaler. Il nous offre même des boissons gratuites ! Nous repartons pour 9km sous la pluie. Nous arrivons sur une aire de repos avec comme hier, un chemin débouchant sur des tables de pique-nique, un petit abri et des toilettes. Spot parfait pour bivouaquer ! Il est encore assez tôt, pas encore 16h. Nous partons en exploration dans la forêt tropicale, à la recherche d’animaux. Nous voyons des énormes scarabées sur un arbre. Nous rentrons au camp et Papa et Max coupent des bûches pour faire un feu (il y a une sorte de BBQ à feu). Je prépare le repas avec Célia puis nous montons les tentes avant de manger. Il fait un peu froid ce soir mais malheureusement le feu n’a pas tenu longtemps. Comme tout le bois était un peu humide en raison de la pluie, il faisait beaucoup de fumée. Nous rentrons dans les tentes et passons une nuit bien tranquille.


Changement de région !

Vendredi, au réveil les tentes sont encore mouillées. Nous déjeunons, plions le camp et repartons. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Maxime. On ne risquait pas de l’oublier, il compte les heures depuis 2 jours ! Max a croisé un wallaby en allant aux toilettes cette nuit, peut-être que celui-ci venait lui fêter ses 9 ans ? Nous pédalons encore sur l’autoroute, vers Eden. Nous roulons pas mal de kilomètres dans la matinée et arrivons dans un « Caravane Park ». Il y a des toilettes, le l’eau (pas potable mais on pourra faire la vaisselle quand même), des jeux, un BBQ et des tables. Nous déjeunons et filtrons de l’eau pour remplir nos bouteilles qui se sont bien vidées. Le soleil réapparaît ! Il fait presque trop chaud si on n’est pas à l’ombre. On se repose un peu, il ne nous reste pas beaucoup de kilomètres cet après-midi alors on en profite !



Joyeux anniversaire Max !

Nous reprenons la route vers le milieu d’après-midi. Nous avons 10-15km à rouler pour arriver sur une aire de repos (potentiel bivouac). Nous arrivons et ne sommes pas tous seuls, un bus-caravane est déjà sur les lieux et passe la nuit. C’est un couple d’Australiens qui partent deux semaines en vacances. Nous discutons avec eux et ils nous disent que plus on va au Nord, plus il fera beau, ouf ! Nous rencontrons aussi un petit van qui s’arrête pour la nuit. Un couple de jeunes italiens voyagent aussi en Australie. Sur l’aire d’autoroute, il y a un petit abri avec une table. Célia et moi travaillons pendant que Maxime joue. Comme d’habitude, nous montons les tentes avant de préparer le dîner. C’est l’anniversaire de Maxime et pour son repas du soir il aura droit à 1kg de pâtes bolo (franchement c’était beaucoup trop, même si on a réussit à finir). Des bougies dans des pâtes, on pensait pas que cela arriverait un jour ! Nous passons une bonne soirée en famille, avant d’aller dormir.


Papa commence tout juste à démonter sa tente alors que la notre est déjà rangée dans son sac

Samedi, nous n’avons plus que 43km jusqu’à Eden ! On se lève tous assez tôt pour démonter le camp efficacement, surtout moi et Célia (car Papa est bien gentil de montrer sa « victoire » pour le pliage des tentes mais quand c’est lui qui perd, comme par hasard personne n’en parle !). Nous partons sous la pluie pour cette dernière étape d’autoroute. Après, nous devrions rejoindre la côte et la suivre par une route secondaire. Nous roulons bien, même si la route reste vallonnée. Mais quand tout se passe trop bien, il faut forcément un imprévu…

Petit imprévu...

Le pneu arrière de Célia est à plat. Heureusement la trou dans la chambre à air est assez gros et donc facile à localiser. Nous passons une heure à démonter la roue, enlever le pneu (c’est cela qui a pris le plus de temps), changer la chambre à air, remettre le pneu et regonfler la roue. Tout cela enfin fini, nous reprenons la route (toujours sous une petite pluie).


Un arc-en-ciel sur les arbres ! Courage on y est presque !

Nous nous arrêtons sous un abri pour le déjeuner et repartons assez vite vers Eden. On a tous hâte d’arriver et de se poser dans un camping. Les derniers kilomètres sont un peu plus fatiguant. Les pentes sont plus raides. Nous arrivons enfin et nous arrêtons au Coles pour acheter un gouter et le gâteau d’anniversaire de Maxime. Nous allons ensuite au camping. Il est un peu plus cher que d’habitude mais le prix reste raisonnable, surtout avec ces infrastructures. Il y a une grande cuisine avec des tables abritées et des canapés, il y a aussi une table de ping-pong, un terrain de tennis, une « TV Room » et une piscine. En plus de cela, un abris près de notre camp nous permet de mettre les vélos au sec. Que demander de plus ? Nous nous posons dans la salle commune (cuisine) et attendons que la pluie passe pour monter les tentes. Nous rangeons tout et allons aux douches. Après 4 jours, ça fait un bien fou ! Chacun se repose de son côté et pour le dîner : pizzeria ! Normalement c’est à emporter mais pour être au sec, nous mangeons à l’intérieur. Pour un samedi soir, c’est tout calme, il n’y vraiment personne dans les rues. Ensuite, nous rentrons, tous fatigués, pour une bonne nuit.



Balade sur la plage

Dimanche, dernier jour de cette semaine, c’est repos. Chacun se réveille à l’heure qu’il veut. Il pleut un peu le matin mais le soleil revient dès 11h. Maman et Maxime partent faire les courses et nous ramènent de quoi faire de bons burgers maisons. En dessert, pour l’anniversaire de Max, on prépare les bougies sur des vrais gâteaux cette fois (muffins). L’après-midi, nous partons en balade près du lac et sur la plage. Nous voyons quelques méduses, cela ne donne pas trop envie de se baigner.


Voilà tout pour cette semaine. Petit bilan sportif : 300km et 3000m d’ascension. Nous avons fait des calculs et nous avons presque monté autant en 1 mois en Australie qu’en 3 mois en Asie ! Et ce n’est pas fini… Les prochaines étapes seront bien vallonnées mais on sera sur la côte.


A bientôt pour de nouvelles aventures


Maëlle

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