• Gilles

Semaine 30 : d'Ayutthaya à Bangkok, fin de l'Asie


Comme disait Hervé Villard : "Capri, c'est fini". Avait-il seulement conscience qu'il en serait de même de l'Asie ?


Lundi, nous quittons Ayutthaya pour 2 dernières petites étapes qui nous mèneront dans la banlieue de Bangkok. Nous y avons réservé un AirBNB pour nous poser une petite semaine avant le second changement de continent. A l'approche de la capitale, le thermomètre s'affole, et le trafic se densifie dangereusement : nous roulons une vingtaine de km sur une 2x6 voies qui est pourtant représentée comme une "petite route" sur les cartes diverses et variées. Nous rejoignons finalement une vraie petite route calme qui suit un canal. Nous déjeunons dans un boui-boui avant de trouver une guesthouse à 40km de Bangkok. Après-midi travail avant de rejoindre le village le plus proche pour dîner en début de soirée.



Dernière pause noix de coco !

Mardi marque donc notre dernière étape cycliste en Asie. Nous prenons notre temps pour reproduire les habitudes que nous avons prises ici : pause noix de coco sur le bord de la route, pause 7-Eleven pour se faire une boisson fraîche quand la température nous a fait perdre plusieurs litres d'eau, déjeuner de riz frit dans un boui-boui local...

Les 5 derniers kilomètres sont difficiles : nous roulons sur une sorte d'autoroute qu'il nous faut traverser en passant par un pont pour piétons, donc en portant les vélos et les bagages, il n'y a pas d'ombre et la température dépasse les 40° au soleil. L'accès à notre location n'est pas simple, de nombreux travaux alentours rendant le trafic dangereux. Finalement, nous arrivons à Min Buri vers 15h, trempés de sueur mais satisfaits.

I believe I can fry !

Tom, notre hôte, ne travaille pas car il fête le nouvel an Chinois. Il nous accueille chaleureusement avec des fruits et nous présente notre spacieux lieu de vie pour la semaine. Après les douches, il nous accompagne au marché local où nous faisons le plein de vivres. Nous profitons d'avoir une cuisine équipée pour nous faire notre propre riz frit au wok : un vrai délice ! comme disait R Kelly : "I Believe I can fry ! I believe I can fry the rice !"




La fine équipe à Bangkok

Mercredi, nous nous levons à 5h45 car nous allons à Bangkok. Tom, qui travaille en plein centre, nous y emmène après que Maëlle nous ait cuisiné des oeufs brouillés pour le petit dej. La circulation est incroyablement dense, nous mettons plus d'une heure et demie à faire 20km, une bonne occasion pour des échanges très intéressants avec Tom. Aujourd'hui nous allons retrouver nos amis Jojo, Seb et leurs enfants Noham et Jade. Ils habitent Shanghaï depuis une dizaine d'année et séjournent à Bangkok pendant le nouvel an Lunaire. Après avoir traversé le Lumphini Park dans lequel nous croisons des sportifs, des oiseaux et des varans, nous les rejoignons dans leur hôtel où nous passerons la matinée au bord de la piscine. Nous allons ensuite déjeuner au Siam Paragon (au Burger King...avec un certain plaisir coupable ! ) puis retour à la piscine avant de terminer la journée au pub. Quelle bonne journée : nous avons retrouvé nos amis inchangés (ou pas trop), 10 ans plus tard, avec pleins d'expériences à partager. Maxou et Noham se sont trouvés et nous sentons que ça fait du bien à Maxou de jouer avec un copain de son âge qui parle français ! Nous rentrons à Min Buri en taxi dans la nuit, la circulation toujours aussi dense.


Jeudi est une journée repos et travail. Je pars avec le fils de Tom récupérer des cartons qui nous permettront d'emballer les vélos, et le matériel nécessaire à leur protection : ça c'est fait, mission accomplie !


Vendredi, nous retournons à Bangkok avec Tom tôt le matin. Sur son conseil, nous allons visiter une "Snake Farm" à la Croix Rouge Thaïlandaise. Ici, on élève les serpents afin de les étudier et de fabriquer des antidotes à leurs morsures. Nous assistons à une démonstration d'extraction de venin de cobras royaux plutôt impressionnante, où le public fait des "oooh" et des "aaaah" à chaque mouvement des serpents qui ne se laissent pas facilement faire !

Ensuite nous marchons jusqu'à Siam Square où nous mangeons. En début d'après-midi, nous visitons la maison de Jim Thompson, qui est devenue un musée d'architecture traditionnelle Thaï. Nous n'y allons pas tous avec le même engouement, mais finalement nous y passerons tous un bon moment !

Terminal 21 : l'étage Tokyo

Après ce moment culturel, nous rejoignons les temples de la consommation de Bangkok : le MBK Center que nous avions déjà aperçu, puis le Terminal 21 dont chaque étage est architecturé à l'image de grandes villes mondiales (Tokyo, Paris, Londres, San Francisco...). Nous y dînerons dans la "food court" Pier 21, qui permet de manger local à prix très raisonnables. Ensuite, nous marchons dans Bangkok de nuit, faisant une pause chez le barbier de rue, puis prenons un taxi pour rentrer.


Samedi, journée à la maison qui commence par l'arrivée de Tom à 6h30 avec des bananes pour la famille ! La matinée est studieuse pour tous. L'après-midi, quelques courses, nettoyage des vélos et nous commençons le packaging.


Dimanche, nous consacrons la matinée à la mise en carton des vélos, de façon plutôt efficace vue la température. Après une petite sieste, nous trouvons un taxi pour nous emmener au plus grand stade de combats de coqs de Bangkok. En arrivant, c'est fermé ... Bah, c'est que ça ne devait pas valoir le coup... En rentrant nous prenons des plats à emporter dans une gargote pour la dernière fois.


Pour conclure ce chapitre Asie, nous vous avons concocté une petite vidéo interview :



A titre tout à fait personnel, je suis marqué et touché par ces trois mois en Asie. J'ai l'impression d'y être devenu adulte (il était temps...) : d'avoir osé ouvrir les yeux, confronter mes intuitions et d'enfin assumer de raisonner indépendamment de la "pensée unique".


Le changement d'environnement culturel induit un élargissement de notre référentiel et bouleverse notre "réalité". Au travers de ce voyage, je voulais enlever les oeillères du système dans lequel "il est bon" d'évoluer en France, et on peut dire que je suis servi. Si avant de partir, j'avais l'intuition de vivre dans un système souvent aberrant, plein de paradoxes entre les "idéaux" défendus par la pensée unique et les "modèles" immuables mis en place (sociaux, politiques, économiques, technologiques...), regarder cela avec les yeux de la simplicité que l'on côtoie au quotidien renforce nettement ce sentiment par le point de vue nouveau qu'il offre.

Quel intérêt d'aller si loin et si longtemps pour prendre conscience de telles évidences ? Parce que la rupture peut aider à ouvrir les yeux, qu'il y a du temps pour réfléchir, du temps pour confronter, du temps pour transmettre à ses enfants et pour se laisser éclairer par leurs visions innocentes.

Bref, pour moi, assumer enfin de penser librement c'est rendre l'action éclairée possible et ça, c'est juste énorme ! J'avais envie de vous partager ça...


"Toutes les bonnes choses ont une fin " : une expression symbolique du verre à moitié vide que nous remplacerons donc par "Chaque changement marque le début d'une nouvelle aventure !". Et notre prochaine aventure s'appelle l'Australie !😉


A bientôt !


Gilles

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