• Léna

Semaine 25 : de Champasak à Lak Sao


Dernier coucher de soleil de l'année 2018 sur le Mekong à Paksé au Laos

Lundi 31 décembre 2018 : pas de réveil ce matin, l’étape est courte pour atteindre Paksé (35 km) et nous savions que nous nous réveillerions naturellement à 7h. Nous prenons notre petit déjeuner sur la petite terrasse en bambou de notre chambre qui donne sur le Mekong avec le lever du soleil. Nous avons déjà vu le lever du soleil hier mais nous ne nous en lassons pas. Avant de partir, vérification de la pression des pneus, un gonflage s’avère nécessaire. Pendant que Gilles et les enfants s’affairent au gonflage, j’en profite pour nettoyer les sacoches qui sont très poussiéreuses.


Nous quittons Champasak en milieu de matinée. Nous avons apprécié notre pause dans cette petite ville qui contraste avec ce que vous avons pu voir jusqu’à présent au Laos où la végétation est très sèche à cette période de l’année. La rue principale est bordée d’arbustes, fleurs, c’est très vert, coloré et très joli. Après un « Happy new year » de la part de notre hôte, nous partons en direction de Paksé. Nous avons réservé un hôtel pour 3 nuits comprenant les petits déjeuners. Une première depuis notre départ en juillet. Nous avons tous hâte d’y être, et en plus il y a une piscine sur le toit ! La route qui nous mène à Paksé n’est pas trop empruntée, c’est agréable, c’est calme. Quand nous passons devant des habitations - elles sont rares - nous sommes salués par des « sabaidee » (bonjour en lao) et des sourires, beaucoup plus timorés qu’au Cambodge. Nous croisons régulièrement des troupeaux de vaches couleur caramel, une cloche à leur cou, toujours accompagnées de très jeunes veaux. C’est toujours un régal de voir ces petits veaux courir derrière leurs mères. Nous voyons aussi des buffles avec leurs petits. Les chèvres sont également de la partie. Nous n’en avions pas vu en Thaïlande ni au Cambodge.


Pause déjeuner dans un petit restaurant situé au bord de la route. Nous sommes accueillis en musique : baffles à fond avec un écran faisant défiler les clips. Nous nous entendons à peine. Nous passons cependant un bon moment, la plupart des chansons sont occidentales et nous sommes contents d’entendre des mélodies que nous connaissons.

Nous arrivons à l’hôtel en début d’après-midi. Le « groom » vient chercher nos sacoches. Nous l’aidons à les mettre sur le chariot et à les amener dans nos chambres. Gilles et moi profitons du tuyau d’arrosage qui est dans la cour pour nettoyer les vélos. Après-midi repos, piscine, petite lessive.


Pour le réveillon, nous allons diner dans un petit restaurant situé à coté de l’hôtel. Plats locaux à la carte. Nous prenons en plus deux portions de frites, c’est jour de fête quand même ! Le tout agrémenté de sodas, bières et d’un peu de cidre pour Maëlle et Célia. La soirée se termine, au lit pour Maxime (car ce petit garçon a besoin de dormir) et avec un film pour les grands. Nous regardons Matrix avec les filles. Je m’endors au bout d’un quart d’heure… Fin du film vers 23h15. Nous sommes trop fatigués pour attendre minuit. Nous nous souhaiterons la bonne année demain matin. Notez qu’au Laos, le nouvel an se fête vers la mi avril. Il n’y a donc aucune festivité particulière dans la ville ni dans les bars ou restaurants le 31 décembre au soir. Vers minuit, Gilles et moi sommes réveillés par des gros boums consécutifs. Nous allons voir à la fenêtre et pour notre plus grand plaisir, découvrons des feux d’artifice tirés d’un peu partout. Maxime a également été réveillé et les a vus, les filles dormaient à poings fermés.




Mardi, nous sommes tous debout à 7h, trop contents de descendre prendre le petit déjeuner. Pain grillé, beurre salé en provenance de la Nouvelle Zélande, céréales, lait, jus d’orange (Oasis pout être précis), café, thé, oeuf, saucisses, fried noddles nous attendent. Après ce moment frugale, nous trainons dans nos chambres, puis partons en fin de matinée nous promener et faire quelques emplettes en ville.


Après le déjeuner, temps calme avant de repartir direction la station de bus pour acheter nos billets pour Thakhek. Juste à côté se trouve le « mall », le supermarché avec galerie marchande. Nous en profitons pour aller y faire un tour. Avant de rentrer, nous dinons dans un restaurant faisant des pizzas et nous faisons plaisir avec une pizza margherita. De nouveau soirée film, avec Maxime cette fois-ci. C’est Hôtel Transylvania 3 à l’affiche. Cette fois c’est Gilles qui s’endort au bout de 15 minutes…Puis tous au lit. La plupart du temps, nous logeons dans des guesthouses avec 4 couchages et l’un des enfants dort sur un matelas pneumatique. Maëlle, Célia et Maxime ont instauré un tour de rôle et un comptage des nuits sur le matelas pour que personne ne soit lésé. Pour cette pause, c’est Maxime qui devait dormir sur le matelas pneumatique. Mais le lit est tellement large, qu’ils dorment finalement tous les trois dans le même lit.




Mercredi, comme hier, tous levés à 7h pour le petit déjeuner. Nous passons la matinée au marché. Il est gigantesque. Se mêlent étals de viande, poissons, légumes, fruits, vêtements, bagagerie, tissus, vaisselle, quincaillerie… Nous réussissons à trouver un pneu de rechange pour le vélo de Maëlle. Celui de sa roue avant commence à se fissurer et nous préférons assurer le coup car nous n’allons pas traverser de villes avant notre arrivée à Ventiane, soit pas avant une quinzaine de jours. Maxime s’offre, avec son argent reçu à Noël, une belle contrefaçon du maillot de l’équipe de France, celui avec les deux étoiles. L’après-midi, pendant que les enfants et Gilles se reposent et profitent de la piscine, je vais visiter le petit musée sur l’héritage culturel de la région. Pour le diner, nous rentrons dans un petit restaurant à deux pas de l’hôtel et découvrons une spécialité locale : un genre de fondue. C’est une marmite en terre cuite posé sur un pot en terre cuite dans lequel brûle des braises. Dans cette marmite, chauffe un bouillon dans lequel nous cassons des oeufs et ajoutons des émincés de porc, des nouilles, du chou et de nombreuses sortes de feuilles vertes. Puis chacun se sert.



Tous les 5 en rangs d'oignons sous les moustiquaires

Jeudi, nous profitons de notre dernier petit déjeuner à l’hôtel et mangeons copieusement car nous attendent 5 à 6 heures de bus (en théorie car le trajet peut prendre 15 heures certains jours). Après un passage au marché pour nous ravitailler en pain et petits cakes pour le voyage, nous arrivons à la station de bus. Nous ne savons pas du tout à quoi nous attendre. La personne qui nous a vendu les tickets mardi nous a dit que les vélos iraient sur le toit du bus. Finalement, c’est très simple : il y a une grande soute accessible depuis la porte d’accès et les vélos peuvent y être mis en tenant sur leur béquille. En 5 minutes, tout notre paquetage est enfourné dans le car.


Nous prenons place à bord de ce nouveau mode de transport. Musique locale à fond avec télévision faisant défiler des clips en version karaoké. Les images nous permettent de comprendre la teneur des chansons. Rien de très varié, elles racontent toute la même histoire, celle d’un jeune garçon ou d’une jeune fille amoureuse et dont le petit ou la petite amie en aime un autre. Les vidéos sont toutes montées de la même façon : séquence avec le chanteur, puis histoire de ces jeunes, puis flashback en noir et blanc et cela recommence. La fin peut varier : soit cela se termine bien, soit moins bien (mort d’un des protagonistes ou pas vraiment de fin). Après 9 heures de bus, j’ai eu le temps d’analyser…


La journée est égayée par de très très nombreuses pauses : le car s’arrête en bord de route pour prendre des personnes ; quand nous arrivons dans un village, nouvelle pause et débarquement dans le car de femmes de tout âge, brochettes de poulets, d’oeufs, mais grillés, mangues coupées, galettes de riz soufflés… à la main pour rassasier nos estomacs puis nous les entendons pousser de petits cris car le car repart et qu’elles sont toujours à l’intérieur. C’est très rigolo car nous avons vécu cette scène plusieurs fois dans la journée. En milieu d’après-midi, le car s’est arrêté pendant une heure et demie dans un village (nous ne savons pas pourquoi d’ailleurs), mais j’ai pu voir ces femmes accourir à l’arrivée d’un nouveau car. Elles sont vraiment marrantes. Après 9 heures de trajet, nous arrivons à Thakhek. Il fait juste nuit. Nous nous installons dans une guesthouse. Gilles, qui a abusé des denrées proposées dans le car, n’a pas très faim. Je vais diner avec les enfants puis nous jouons au Uno tous ensemble avant une bonne nuit de sommeil, tous en rang d’oignons car nous avons une chambre avec 5 lits.




Les premiers coups de pédale sur la boucle de Thakhek au Laos

Vendredi, départ pour la boucle de Thakhek. Il s’agit d’une boucle située à l’est de la ville de Thakhek. Cet itinéraire nous fait faire un détour, de 300 km mais toutes les personnes que nous avons rencontrées nous ont dit que les paysages étaient magnifiques et qu’il y avait de nombreuses grottes à visiter. Généralement, cette boucle se fait en scooter ou en moto. Pour nous, évidemment, ce sera en vélo ! En partant, nous faisons le plein en pain car nous savons qu’il y aura peu voire pas de possibilité de se ravitailler sur la route. Dès que vous quittons Thakhek, nous ne sommes pas déçus : nous sommes entourées de montagnes « karstiques » ressemblant à de gros rochers très découpés. C’est magnifique et cela fait du bien de voir de la verticalité dans le paysage. Depuis notre arrivée en Asie, nous n’avons vu que des plaines et quelques plateaux au loin en arrivant sur Champasak. Première pause à environ 10 km pour visiter une grotte. Nous entrons et nous enfonçons, lampes frontales sur nos têtes, et découvrons une piscine s’ouvrant sur l’extérieur. C’est somptueux !


Sur la route, nous croisons une nouvelle espèce animale qui se promène le long de la route : le cochon noir. Et quand nous voyons des porcelets, nous sommes tout attendris tellement ils sont mignons. Vers midi, coup de chance, nous passons devant le seul restaurant entrevu de la matinée. Nous y déjeunons et repartons pour nos 25 derniers kilomètres.


Pour le diner, nous allons encore découvrir une nouvelle spécialité culinaire : le barbecue. Cela s’apparente à une pierrade. Un pot en terre cuite rempli de charbon sert à chauffer un plat métallique bombé vers le haut entouré d’une rigole. La viande ou le poisson cuisent sur le haut du plat alors que les légumes et les nouilles cuisent dans le bouillon situé dans la rigole. Pour éviter que la viande reste collée, il faut frotter avec les morceaux de graisse de cochon.



La boucle de Thakhek au Laos

Samedi, nous poursuivons notre chemin. Le périple est encore plus agréable que la veille car nous avons quitté la route qui mène au Vietnam et qui est très empruntée par les poids lourds. C’est calme, il y a très peu de circulation et les paysages sont vraiment magnifiques. Par contre, c’est très vallonné et nous avons 5 kilomètres de montée avec des portions très pentues. Cela nous rappelle les Balkans. Pendant l’ascension, nous sommes encouragés par les personnes à scooter que nous rencontrons, aussi bien les Laotiens que les touristes. Finalement, nous apprécions ces dénivelés, c’est moins monotone et quelle satisfaction de faire cette boucle à vélo alors que tout le monde est en scooter. Le vélo est vraiment un super moyen de déplacement. Il permet de s’imprégner des paysages et d’en voir les changements, de sentir les odeurs, de dérober des scènes du quotidien, d’entendre les petites voix qui vous saluent et de voir les sourires et les regards des habitants et en bonus l’effort physique qui procure un bien-être et une grande satisfaction.


Nous voyons un cyclotourisme sur le bord de la route. Nous nous arrêtons et faisons la connaissance de Marco, un italien qui voyage en Asie depuis le mois d’octobre. En fait, il s’agit d’un départ de sentier qui mène à un point de vue, Il y a donc plusieurs personnes présentes dont Nada, une jeune libanaise qui habite à Montréal. Nous discutons un long moment avec elle et Marco. Nada est très enthousiasmée par notre aventure et elle nous donne quelques conseils sur le Canada.


Nous arrivons à Thalang en tout début d’après-midi à la guesthouse. Nous y déjeunons puis après-midi classique : repos et travail. Le site est vraiment chouette, nous logeons dans un bungalow situé face à un plan d’eau. A la tombée de la nuit, les grenouilles se mettent à coasser et leur symphonie durera jusqu’au petit matin. Quand nous partons diner au restaurant de la guesthouse, nous croisons Lucie et ses amis que nous avions vus à Don Det puis à Vat Phou. Gilles, Célia, Maxime et moi faisons une partie de pétanque devant un feu de bois. Après avoir mené toute la partie, Célia et moi finissons par perdre 10-11, pour la plus grande joie des garçons. Tony, le fils des propriétaires, se joint à nous pendant la soirée. Maxime est ravi de regarder avec lui des vidéos sur le téléphone de Tony (celui de ses parents je suppose…).



La boucle de Thakhek au Laos

Dimanche, après un super petit déjeuner sur la terrasse du bungalow où nous nous sommes régalés du pain fait maison par la propriétaire, nous quittons la guesthouse très contents du moment que nous y avons passé. La route est toujours aussi calme et vallonnée. Les paysages sont toujours aussi sublimes et varient énormément. Quel bonheur et quelle chance de pédaler dans cet environnement !


A mi parcours, nous croisons Jean-Philippe, cyclotouriste de Perpignan. Après une bonne pause et des échanges de bons conseils et retour d’expérience, nous nous donnons rendez-vous mi février à Bangkok pour un déjeuner, puis chacun reprend sa route.


Peu avant d’arriver à notre destination du jour, nous trouvons un petit boui-boui et nous régalons d’une soupe de nouilles. Nous atteignons la ville de Lak Sao en début d’après-midi. Nous passons à la « bakery » faire le pleins de pains pour le petit déjeuner et craquons pour quelques douceurs sucrées qui raviront nos palets pour le goûter. Nous apercevons un supermarché et y faisons également un arrêt pour remplir notre stock de nouilles instantanées et de briques de lait chocolaté (pour le petit déjeuner de Maxou).


Après-midi classique puis dîner dans le restaurant d’à côté qui émet très fortement une musique locale. Nous décidons d’y aller quand même et en arrivant, nous sommes accueillis par un homme (un peu, beaucoup saoul) qui enquille les bières avec sa femme et deux couples d’amis tout en chantant à tour de rôle les paroles du karaoké qui défilent sur l’écran géant. Il nous offre un verre de bière, en propose également aux enfants, puis revient nous resservir un verre, puis nous ramène deux bouteilles (que nous ne boirons pas). Nous mangeons notre « fried rice » puis rentrons sagement nous coucher.




Nous sommes très contents de découvrir le Laos. Nous croyions que ce pays était plus pauvre que le Cambodge mais ce que nous en avons vu nous fait penser l’inverse (les chiffres aussi d’ailleurs, PIB…). L’habitat est beaucoup moins dense, les habitations sont grandes, en bois ou en briques et leur environnement est plus soigné qu’au Cambodge. Les animaux ne font pas pitié, au contraire, ils sont bien en chair et toujours accompagnés d’une portée. Nous croisons donc de nombreux chiots, porcelets, veaux, bufflons, chevreaux. Nous apprécions son calme, la beauté et la diversité des paysage, les sourires, les regards et les « sabbaidee » de ses habitants, le peu de circulation automobile, la Lao beer et rions de leur musique hyper forte et karaoké.


Mes petits bonheurs de la semaine

  • Les levers et les couchers de soleil sur le Mékong.

  • Les petits cakes qui rappellent le gâteau au yaourt.

  • Les feux d’artifices à Paksé.

  • Le marché de Paksé.

  • La partie de pétanque.

  • Dormir tous les 5 dans la même chambre en rang d’oignons, chacun sous sa moustiquaire.

  • Les petits déjeuners sur les terrasses de nos bungalows.

  • Le pain fait maison par la propriétaire de la guesthouse de Thalang.

  • Transylvania 3 tous ensemble sur l’immense lit de notre chambre d’hôtel et la réplique - Dis bonjour, Bob. - Bonjour Bob.

  • Les "sabbaidee" et les sourires des laotiens.

  • Et encore pleins d'autres...


Nous vous souhaitons à tous une très belle et heureuse année 2019. Que vos foyers soient remplis de joie, paix et santé. Encore merci pour vos messages et encouragements qui nous font toujours chaud au coeur.

A très bientôt.


Léna


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