• Maëlle

Semaine 23 : De Prek Dambang (Cambodge) à Don Det (Laos)



Dans les champs de maïs à OBT

Lundi, nous partons de notre guesthouse pour une grosse étape : 75km. Nous pédalons tôt le matin (lever 5h30 et départ 7h) pour qu’il ne fasse pas trop chaud. Nous suivons le Mékong sur une petite route ombragée. Nous allons moins vite mais c’est plus sympa que la nationale. Beaucoup d’enfants nous crient « Hello Hello Helloooo ! » quand on passe devant eux. La plupart du temps la route est asphaltée mais quand elle se transforme en piste,…c’est moins cool…

En roulant, nous remarquons qu’il y a beaucoup de policiers dans le coin. Ils nous prennent en photo… Peut-être sont-ils intrigués par nos vélos ? Nous continuons et nous arrêtons manger une pastèque dans un petit sentier au bord du Mékong, où Maman traumatise Maxime en lui disant de faire attention aux mines antipersonnel… Un policier nous rejoint en scooter et nous pose quelques questions sur notre destination. Nous reprenons la route, encadrés pas deux policiers, un devant et un derrière, étrange… Serions-nous suivis ? Nous avançons de quelques kilomètres et faisons une pause pour voir si les policiers font comme nous. En effet un des deux policiers s’arrête deux mètres devant et nous fixe pendant les 5min de pause que nous nous accordons, pas très discret… Nous repartons et là, il sort son talky-walky et marmonne quelque chose en khmer. Puis il continue à nous suivre. Nous trouvons ça drôle, le temps passe plus vite. Après 60km nous voyons devant nous une barrière avec quatre ou cinq policiers, pas très bon signe… On se dit enfin, ils vont nous contrôler après tout ce chemin pour nous suivre ! Mais arrivés au niveau de la barrière, ils l’ouvrent et nous font signe de passer, il y a même un des policiers qui nous filme en nous faisant des signes d’encouragement ! Nous en reparlons dans un restaurant (que nous avons galéré à trouver), et ne savons toujours pas pourquoi ils nous ont suivis, cela reste un mystère ! Après cette étape assez fatigante, nous sommes contents d’arriver à Kompong Cham ! Nous sommes accueillis dans une ONG, qui a mis en place une école, des projets pour l’environnement et des chalets qui servent de guesthouses. Nous allons rester deux nuits pour découvrir un peu les lieux.



Notre chalet de bambou

Mardi, après une bonne nuit de sommeil, chacun se repose, lit, travaille. Ensuite, nous devons changer de chalet car nous n’avions pas réserver assez longtemps en avance pour rester dans le grand chalet. Nous replions toutes nos affaires et déménageons dans un petit bungalow de bambou avec une mezzanine. Pour le midi, nous voulons nous balader dans la ville, de l’autre côté du Mékong. Nous nous posons en terrasse, au bord du Mékong. Au restaurant, nous entamons une discussion avec un couple de jeunes français qui voyagent aussi en Asie. Ils nous donnent quelques plans sympas au Laos, ce qui nous fait réfléchir à la suite de notre périple. Nous reprenons les vélos pour faire un tour de la ville. Un arrêt à la boulangerie pour acheter du pain, puis un autre pour voir le fameux Pont de bambou (pas encore terminé), puis nous rentrons à OBT (organisation où nous logeons). Plusieurs bénévoles de toutes nationalités donnent des cours d’anglais, s’occupent des réservations des guesthouses et du restaurant, aident à mettre en place des projets écolos. Un de leurs projets consiste à fabriquer des briques à partir de plastique recyclé et du sable, pour faire un petit chemin entre les chalets. Cela évite d’avoir les pieds dans la boue pendant la saison des pluies où l’eau leur arrive jusqu’à la taille ! A la base, cette ONG avait pour but de créer une école gratuite pour les enfants du village. Les professeurs sont payés par les dons des visiteurs. Au Cambodge, l’école est gratuite le matin mais payante l’après-midi, ce qui fait que beaucoup d’enfants vont à l’école seulement le matin, puis arrêtent leur scolarité. A OBT, les enfants apprennent l’anglais, l’informatique, ils ont une bibliothèque et peuvent s’inscrire à des répétitions de danse et de musique.


La plage au bord du Mékhong

L’organisation est située au bord du Mékong. On nous indique un spot de baignade après les champs de maïs. C’est très calme, il n’y a personne à part nous et nos amis français qui voyagent en sac à dos à travers l’Asie pour 6 mois. Ils ont deux garçons de 9 et 10 ans, au plus grand plaisir de Maxime qui peut jouer avec eux sur la plage et dans l’eau. Nous rentrons prendre les douches et enfiler des pantalons pour les moustiques. Ce soir, nous allons dîner dans une famille. Au menu, riz avec du poisson grillé et de l’ananas, délicieux ! Nous sommes avec 3 bénévoles français dont François, qui est là depuis environ 1 an je crois, et qui retourne en France pour un mois. Il a apporté un gâteau pour sa dernière soirée ici et le dessert se transforme vite en bataille de crème pâtissière ! Nous sommes avec 3 enfants, deux de 14ans et une petite fille de 10 ans. La soirée se finit avec des fruits frais et un tournoi de bras de fer.



Dans notre guesthouse à Chhlong

Mercredi, nous devons nous lever à 6h pour reprendre la route. La nuit a été assez agitée en tout cas pour moi entre les chiens et les coqs qui faisaient la fête à partir de 3h du matin… Mais bon, nous partons pour une étape relativement courte : 45km. La route est paisible, il fait encore frais, c’est très agréable. Arrivés aux 45km, il y a plusieurs guesthouses mais elles ne semblent pas très entretenues. Nous avons deux solutions : rester tout l’après-midi dans une guesthouse loin de tout commerce, ou continuer 35km pour un autre village. Nous optons pour la deuxième solution. Nous faisons une pause déjeuner pour nous remotiver et repartons sur nos vélos. Les km ne passent pas très vite malgré la route calme et plate. Nous nous autorisons une pause smoothies 15km avant l’arrivée, nous l’avons bien méritée ! Nous arrivons au village à la recherche d’une guesthouse. La première est chère et pas très propre, dans la deuxième, nous klaxonnons mais il n’y a personne. Nous roulons encore quelques km et un homme à scooter vient nous parler et nous pose des questions sur le voyage. Il est professeur de géographie dans le lycée du village et a une amie qui tient une guesthouse. Il nous y conduit, nous sommes très bien accueillis par une dame très gentille, ancienne professeur d’anglais. Elle nous montre une chambre. Ce n’est pas la plus propre que nous ayons eue… c’est même la pire. Il y a plein de bestioles mortes par terre, des toiles d’araignées dans chaque coin de la pièce et on peut à peine se voir dans le miroir ! Mais bon, il est déjà presque 17h, on ne reste qu’une seule nuit, cela fera l’affaire et nous ne pouvons pas refuser. Nous prenons nos douches avec des grenouilles, allons manger dans un petit resto et allons dormir, tous fatigués de cette journée.



Coucher de soleil à Kratie

Jeudi, nous sommes motivés pour partir car nous n’avons que 35km pour aller à Kratie ! Nous y arrivons en fin de matinée. La guesthouse dans laquelle nous passons l’après-midi est grande, propre, avec la climatisation et des moustiquaires, on ne peut pas rêver mieux ! Après le repos et le travail, nous allons faire un tour au marché mais les stands se vident et les vendeurs rangent tout, nous sommes arrivés trop tard. Le soir, nous dînons dans un restaurant très sympathique et nous mettons en place un nouveau système de budget pour la nourriture. Pour chaque repas, chacun a un budget que nous décidons en fonction de la carte du restaurant et du budget déjà dépensé dans la journée.



Après le kayak sur le Mékong

Vendredi, c’est grâce matinée (enfin…avec notre rythme, « rester dormir le matin » signifie se lever à 6h30-7h). Nous travaillons le matin car cet après-midi, nous allons faire du kayak sur le Mékong. Il y a des dauphins d’eau douce dans cette partie du fleuve et plutôt que d’aller sur les bateaux à moteurs, nous préférons le kayak, c’est plus sportif et on sera plus dans la forêt du Mékong. Nous déjeunons et allons au RDV pour le kayak. Nous sommes juste tous les cinq. Nous allons dans un camion qui nous emmène environ 20km plus loin. Nous embarquons sur les kayaks à deux: moi et Célia, Papa et Maman, Maxime et Bora, notre moniteur-guide. Nous traversons le Mékong pour aller sur la rive droite et nous arrêtons pour une pause baignade. Bora, qui parle très bien anglais, nous donne des informations sur le Mékong, sur le Cambodge,… Il nous offre aussi des clémentines et les rouleaux de riz collant.

Sortie kayak avec les dauphins

C’est un bambou avec du riz et du soja dedans. Il faut enlever la parti dure du bambou et il reste une fine couche comme une feuille enroulée autour du riz. Nous repartons en kayak vers les rapides et la forêt. Sur le Mékong, il y a pleins d’arbres et de petits bancs de sables. C’est difficile d’imaginer qu’à la saison des pluies, toute cette végétation est recouverte ! Le paysage est magnifique, même magique ! De grands arbres se dressent devant nous, le coucher de soleil commence avec des lueurs de rose et d’orange dans le ciel. Nous arrivons dans la partie du Mékong où il y a des dauphins. Nous en voyons beaucoup qui sortent de l’eau pour respirer. Ils passent toute leur journée à chasser pour manger. Ces dauphins ne dorment jamais, ils ont deux cerveaux qui se relaient : un qui dort, l’autre qui chasse.

Après ce merveilleux après-midi, nous rentrons prendre nos douches. Nous allons ensuite manger dans le bar-restaurant où nous avons fait du kayak. Ils font des pizzas très bonnes, cela change des nouilles et du riz !



Pause sur la route pour la frontière

Samedi, nous devons prendre un bus. Pour arriver à la frontière il y a environ 200km, dont 150km sans rien pour dormir. Nous avons donc réservé un minibus où nous chargeons les vélos et tous les bagages. Heureusement que nous avons demandé à être seuls dedans car les bagages et les vélos prennent beaucoup de place. Le minibus nous laisse sur le bord de la route 15km avant la frontière. La route est vraiment pas terrible, il fait chaud, il y a de la poussière,… Nous ne sommes pas très motivés. Sur le chemin pour la frontière, nous croisons des cyclotouristes suisses et hollandais. Ils disent que la frontière n’est pas loin et qu’il n’y a pas trop de monde. Nous faisons une pause noix de coco et bananes, puis nous continuons. Les kilomètres ne passent pas vite, il n’y a personne sur les routes. Nous pensions qu’avant la frontière ce serait comme à Poi Pet (frontière Thaïlande-Laos), qu’il y aurait des villages, du monde,… Mais non il n’y a rien. Nous arrivons enfin à la frontière qui est réputée pour sa corruption à laquelle nous souhaitons résister. Donner de l’argent à ceux qui en ont besoin, ok, mais à des douaniers qui nous font chanter : pas question ! C’est tout calme. Nous remplissons les formulaires de sorties de territoires. Le douanier demande aux parents 2 dollars par tampon de sortie… Nous faisons mine de ne plus avoir de dollars et de ne pas comprendre comment c’est possible qu’il faille payer pour quitter un pays…finalement après quelques minutes, le douanier tamponne nos passeports et nous sortons du Cambodge sans avoir cédé à la corruption. Nous nous dirigeons vers la frontière du Laos. Nous remplissons encore une fois les formulaires pour les visas du Laos (nous ne pouvions pas faire de e-visa pour le Laos). Au moment de nous rendre les passeports, le douanier nous demande 2 dollars par personne (en plus des 30 dollars de rigueur pour le visa), sinon on retourne au Cambodge. On s’y attendait et Papa lui dit que nous n’avons plus de dollars, que nous venons de faire 60km et qu’on ne retournera pas au Cambodge, mais le policier ne veut rien entendre. Nous décidons d’attendre. Après 15 minutes, il revient sur sa décision et nous propose de payer 2 dollars mais seulement pour les adultes. Là encore on attend un peu car nous ne voulons pas céder. Finalement, nous lui donnons nos restes de riels, environ 1,5 dollars au total pour nous 5.


Sur le bateau pour Don Det

Nous avons passé 1h30 à la frontière et nous entrons au Laos ! Nous trouvons un endroit pour manger. La nouvelle monnaie est le Kip. 10 000 kips équivalent à 1€. La route que nous empruntons est bien mieux que celle d’avant la frontière. Elle est toute asphaltée et bien lisse. Nous roulons avec les vaches et les chèvres. Au Cambodge, les routes étaient bordés de villages et de maisons mais ici, au Laos il n’y a personne. C’est tout calme, il y a juste quelques fermes. Nous arrivons à l’embarcadère pour les 4000 îles et prenons une petite gondole que nous chargeons avec les vélos. Nous accostons sur l’île de Don Det, réputée pour être l’île de la fête et du « chill ». Comme nous sommes en avance sur ce que nous avions prévus, nous passons la nuit dans une autre guesthouse que celle que nous avions réservée. Nous allons manger indien en face de la guesthouse, trop bon !



Les tables du "chill"

Dimanche, c’est journée de repos, sans travail. Nous restons dormir, puis nous allons nous balader pour trouver du pain pour le petit-déjeuner. Nous déménageons dans les bungalows que nous avions réservés. Le midi, nous mangeons au restaurant de notre nouvelle guesthouse. Après la petite sieste de Maman, nous partons en vélo faire un tour de l’île pour trouver une plage, mais c’est voué à l’échec. Les plages sont payantes, ou appartiennent aux guesthouses. Nous finissons donc sur la mini-plage devant le petit ponton où arrivent les bateaux. Le soir nous mangeons dans un restaurant très sympa, et nous discutons avec le propriétaire. Sur l’île, presque tous les restos ont des tables où on peut manger assis. Il y une sorte de sol surélevé avec des coussins, c’est très confortable. Nous allons rester sur Don Det plusieurs jours pour fêter Noël.


Nous vous souhaitons un Joyeux Noël et de belles fêtes de fin d’année


A bientôt


Maëlle


PS : un peu de culture : on nous a souvent dit que le Laos était plus pauvre que le Cambodge, mais en faisant des recherches il s’avère que le PIB par habitant du Laos est 2 fois supérieur à celui du Cambodge, bien que la vie y soit moins chère.

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