• Léna

Semaine 22 : de Pursat à Prêk Dâmbâng

Mis à jour : mars 21


La route nationale 5 en direction de Phnom Penh

Lundi 10 décembre 2018, départ de notre guesthouse sous la bienveillance de notre hôte qui est ravie de nous parler en français et nous recommande d'être prudents. La journée est un peu difficile, il fait chaud et la route est rectiligne. Nous passons dans de petits villages situés au bord de la route. Parfois, il doit y avoir un mariage ou une fête car nous voyons un énorme barnum décoré avec des guirlandes, des noeuds colorés avec des tables dressées, des femmes vêtues de superbes robes de soirée et c'est très surprenant de les voir arriver en amazone à l'arrière des scooters et surtout nous entendons de la musique et/ou un discours qui sort de hauts parleurs. C'est tellement fort que nous l'entendons de loin.

La journée est également bercée par les "Hello" des enfants et les klaxons des camions et des voitures, que j'interprète par "Attention" plutôt que par "Dégagez", c'est plus optimiste. Les véhicules ont l'habitude de circuler parmi les vaches, les vélos, les scooters, les tracteurs. Rouler sur les routes asiatiques parmi tous ces modes de transport est plus rassurant que sur certaines routes d'Europe.

La journée se déroule tranquillement, nous arrivons à une guesthouse en fin de matinée, déjeuner dans un boui-boui, puis après-midi repos avec sieste, devoir, lecture.



Les modes de transport khmers le long de la route nationale 5

Mardi, une petite journée nous attend, seulement une trentaine de kilomètres. En quittant la guesthouse nous passons à la banque pour avoir de la petite coupure car les distributeurs ne délivrent que des billets de 100 dollars. 100 dollars correspond à environ un salaire mensuel d'un paysan cambodgien. Vous comprenez pourquoi nous ne nous souhaitons pas sortir un billet de 100 dollars pour acheter un ananas ou une noix de coco sur le bord de la route ou au marché. Au Cambodge, la monnaie utilisée est le dollar américain et le riel. Un dollar équivaut à 4000 riels. Vous pouvez payer en dollar, en riel ou les deux à la fois et pour la monnaie rendue c'est la même chose. Pas de pièce au Cambodge, que des billets. Nous n'avons jamais eu autant de liasses de billets dans notre porte monnaie.

Ensuite, petit tour au marché pour nous ravitailler en pain pour le petit déjeuner du lendemain. Il y a un marché tous les matins dans chaque village, avec fruits, légumes, viandes, poissons, pain, habits, tongs... J'aime bien ces marchés, c'est un vrai lieu de vie pour les khmers qui viennent y faire leurs courses quotidiennement.

Maintenant, nous sommes enfin prêts pour entamer notre journée. Il fait toujours chaud et la route est toujours rectiligne mais nous sommes plus enthousiastes que la veille car nous savons que l'étape est courte. Dans la matinée, nous croisons un camping-car avec une plaque d'immatriculation du Finistère. Nous crions et le camping-car s'arrête un peu plus loin. Nous faisons la connaissance des Macax : Marie-Claude, Alexandre et de leurs deux filles Maëlle (9 ans) et Camille (7 ans). Lui est d'origine bretonne, elle est canadienne, ils vivent à Nice et ils font le tour de l'Asie pendant une année. Nous passons un agréable moment avec eux en buvant des noix de coco. Ils doivent repartir assez vite car ils ont des impératifs de visas à régler dans la journée.

En arrivant à Kompong Chhnang, nous passons devant une bakery. Nous faisons de nouveau un ravitaillement en pain car le pain acheté le matin a déjà été englouti lors des pauses. Nous en profitons pour nous acheter des petits cakes pour le goûter. Au Cambodge contrairement à la Thailande, nous trouvons facilement du pain. C'est soit du pain de mie (qui parfois a le goût de noix de coco), soit de petites baguettes. Les khmers font aussi des pâtisseries. Nous avons goûté des petits cakes qui ressemblent à nos gâteaux au yaourt, des gâteaux de riz à la banane et des gâteaux à la noix de coco faits à base de gros haricots. Nous sommes contents de ces petits plaisirs sucrés !!!

Nous croisons une petite cariole tirée par un poney. Le premier croisé depuis notre arrivée en Asie.

Pause déjeuner dans un petit boui-boui. C'est simple et rapide. La plupart du temps, il y a des marmites alignées. Nous regardons ce qu'elles contiennent, faisons notre choix et le plat est servi avec du riz. L'eau ressemble à du thé froid. Il s'agit d'eau bouillie aromatisée généralement au jasmin. Les verres sont toujours remplis de glaçons et servis avec une paille. Pour les couverts, baguettes, cuillères pour manger et fourchettes pour découper si nécessaire.

En arrivant à la guesthouse, nous rencontrons un français qui voyage en moto ainsi qu'une famille française qui fait le tour du monde en sac à dos pendant une année. Cela fait du bien d'échanger dans sa langue maternelle et avec des personnes qui vivent un peu la même chose que nous. Les khmers parlent très peu anglais et leurs mots sont limités à : What's your name ?, How old are you ?, Where do you come from ? et Where are you going ?

La guesthouse est super sympa, un petit havre de paix et en plus nous avons la climatisation. Après-midi classique et diner dans un petit restaurant. Nous nous rendons compte que nous n'avons plus l'habitude d'attendre les plats car généralement ils sont déjà prêts et nous n'avons qu'à montrer ce que nous souhaitons pour être servis.


Les modes de transport khmers le long de la route nationale 5

Mercredi, journée sans particularité. Lever à 5h30, départ à 7h pour rouler à la fraiche (25°C à 7h, 30°C à 10h), toujours la chaleur, la route rectiligne, les petits villages, la pause noix de coco et/ou ananas vers 10h.

Déjeuner dans un boui-boui vers 11h30, puis après-midi à la guesthouse.

J'oubliais, une petite particularité quand même : nous avons vu, comme à l'accoutumée, des poulets déplumés accrochés à des étals. Avec ces poulets, un animal encore jamais vu et qui ressemblait très fortement à du chat dépecé. Maintenant, nous aurons toujours un petit doute sur le contenu de nos assiettes...


La campagne entre Oudong et Phnom Penh

Jeudi, nous commençons la journée par la visite du temple d'Oudong. Cela nous oblige à quitter la route nationale et à aller dans la campagne, sur les petits chemins de terre. C'est magnifique, nous passons dans des villages et nous voyons de plus près les maisons et leurs habitants. La campagne est très verte et irriguée. Un vrai bonheur !!!

Arrivés sur le site, 500 marches nous attendent pour atteindre le temple. Cela en vaut la peine. La vue est grandiose.

Puis direction Phnom Penh. Nous poursuivons notre route à travers la campagne afin de rejoindre la route nationale qui nous mènera à la capitale. Petit imprévu, le chemin semble éboulé. Le khmer que nous rencontrons nous dit qu'il faut faire demi tour et prendre une boucle un peu plus loin. Voyant d'autres personnes de l'autre côté, il s'agit de pêcheurs, nous nous approchons. Il y a un petit pont rudimentaire en bambou qui permet de traverser. Les pêcheurs nous disent que nous pouvons l'emprunter avec les vélos sur l'épaule. Nous déchargeons et avec leur aide, nous passons les sacoches et les vélos de l'autre côté de la rive. A notre grand étonnement, ils ne nous demandent pas de rétributions financières, contrairement aux khmers qui nous avaient aidés à monter nos vélos sur le bateau pour Battambang. Maxime en profite pour regarder les poissons qui ont été péchés. Quelques kilomètres plus loin, nous atteignons la route nationale et retrouvons la route rectiligne qui nous mène jusqu'à Phnom Penh.

Beaucoup de voitures, tuk-tuks, scooters dans Phnom Penh. Il faut suivre le mouvement. C'est grisant mais aussi un peu inquiétant, surtout pour moi qui suis en fin de cortège et qui vois tous ces véhicules zigzaguer autour de mon petit Maxou. Sentiment particulier aussi de voir toute ma troupe dans les rues de Phnom Penh, à vélo et de me rendre compte du voyage que nous sommes en train de vivre et du lieu où nous sommes.

Pause dans la guesthouse l'après-midi, passage à la laundry pour laver le linge et rendez-vous à 17h avec les Cyclomondistes pour l'apéro et le diner. Les Cyclomondistes sont une famille de français partie en mai 2018 pour un tour du monde à vélo jusqu'en août 2019. Nous sommes ravis de faire la connaissance d'Emily, Damien, Hugo (7 ans) et Soline (4 ans). Maxime se fait un nouveau copain. Quel plaisir pour lui de jouer avec un petit garçon de son âge, qui parle français et qui a la chance d'avoir des legos avec lui pendant son voyage !!! Nous passons une excellente soirée et nous donnons rendez-vous pour le lendemain même heure.


Les tuk-tuks à Phnom Penh

Vendredi, nous restons dormir (lever vers 7h30, deux heures de plus que d'habitude), puis partons en tuk-tuk visiter la prison S-21, lieu où 12 000 à 20 000 personnes ont été torturées puis tuées sous le régime des khmers rouges. C'est bouleversant, inimaginable et cela s'est passé il y a moins de 40 ans. Nous nous épargnons les killing fiels, site des charniers.

Les enfants restent tranquillement dans la chambre l'après-midi. Gilles et moi allons faire un tour en ville pour quelques achats, photos d'identité et coiffeur pour Gilles qui perd ses belles boucles blondes en quelques coups de ciseaux. Sa nouvelle coupe lui va très bien. Il semble avoir 15 ans de moins. Les photos d'identité ont été faites avant le passage chez le coiffeur, espérons que les douaniers laotiens les acceptent pour le visa...

Nous apprenons que les Pigeons Voyageurs arrivent à Phnom Penh dans l'après-midi. Ils connaissent très bien les Cyclomondistes car ils se sont croisés à plusieurs reprises pendant leur voyage en Europe. Nous nous retrouvons tous pour une nouvelle excellente soirée.



La transmission du livre "L'homme qui marche" par les Pigeons Voyageurs à Phnom Penh

Samedi, nous prenons notre temps et déposons en milieu de matinée nos vélos pour un gros nettoyage. Nous en profitons pour aller voir les extérieurs du palais royal. Ensuite, nous reprenons nos vélos et errons vers le sud de la ville. Après avoir vu la reconstitution des immeubles haussmanniens et de l'arc de triomphe, nous arrivons dans un immense centre commercial où nous déjeunons et prenons notre dose d'environnement occidental.

L'après-midi sera consacré pour Gilles, les filles et moi à une heure de massage traditionnel khmer.

Nous rejoignons les Pigeons Voyageurs pour le diner. Les Cyclomondistes sont partis ce matin pour Kampot en mode sac à dos. Ils ont laissé leurs vélos pour la fin de leur voyage et les retrouveront à Paris pour rentrer chez eux en Losère. Nous sommes heureux pour eux car ils n'ont attendu que 5 minutes pour être pris en stop par un pick-up. Encore une très bonne soirée avec nos "Pigeons". Julia, Eloïse et Geoffrey nous font un super cadeau. Ils nous transmettent le livre "L'homme qui marche" de Jean Béliveau. Ce livre voyage à travers le monde depuis 2015 : il doit être transmis de cyclotouristes français à cyclotouristes français. Ils l'avaient reçu des Cyclomondistes.


Les potagers le long du Mékong

Dimanche, nous quittons Phnom Penh en longeant le Mékong. Nous passons dans les villages qui bordent ce fleuve majestueux. Nous apercevons des tranches de vie khmer. C'est dimanche, les enfants jouent, font du vélo, des femmes préparent les légumes pour le déjeuner, d'autres travaillent dans les potagers... Les chemins sont sans voiture, peu de scooters. Nous sommes à l'ombre des bananiers. C'est calme. Quel plaisir de pédaler dans ces conditions.

La fin de la journée sera classique ; déjeuner dans un boui-boui, repos et travail à la guesthouse et pour le diner, moins classique, pâte au pesto dans notre chambre.



Mes petits bonheurs de la semaine


- petit tour en ville avec Gilles en dégustant des petits pâtisseries locales ;

- Maxime, heureux, qui boit sa brique de lait chocolaté au petit déjeuner et apprend à la déguster ;

- échange avec une jeune fille en scooter et un jeune homme en vélo pendant que je pédalais ;

- les champs de lotus en fleurs ;

- les enfants qui dorment dans les hamacs ;

- la rencontre des Macax, des Cyclomondistes, des Pigeons voyageurs ;

- Maëlle et Célia, heureuses après leur massage ;

- les petits cakes pour le goûter ;

- les villages dans les campagnes, les sourires et les regards croisés ;

- et encore pleins d'autres.


Merci à tous pour vos messages, vos encouragements, vos pensées. Nous sommes toujours très heureux de vivre cette aventure. Déjà 5 mois que nous sommes partis. Nous avons dû mal à réaliser que Noël approche, bien que nous voyons quelques décorations dans les villes, d'habitude nous avons bonnets et écharpes sur nous... Nous en profitons pour vous souhaiter à tous un très joyeux Noël et de bons moments partagés en famille.


Bises.


Léna





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