• Léna

Semaine 14 : de Corfou à Patras, des bivouacs...


Lundi 15 octobre 2018, Départ de Corfou dans la matinée. Le ferry nous amène à Igoumesnitsa. Après un bon déjeuner (gyros/frites), nous pédalons une vingtaine de kilomètres et arrivons à Plataria où nous posons notre camp dans un camping en bord de mer, sous des oliviers géants. Rituel habituel : baignade puis cours pour les enfants.


Mardi, nous poursuivons notre route. Pause café dans un petit bistrot situé en bord de route, le seul croisé depuis notre départ. Ensuite, notre priorité est de nous ravitailler en nourriture, donc direction le village le plus proche de notre route. Le plein de pains est vite fait, il y a des boulangeries partout en Grèce. Le pain est excellent et il se conserve très bien. A part la boulangerie, pas d’autres commerces. Nous demandons aux habitants où se trouve le supermarché le plus proche; Celui-ci est à environ 8 kilomètres mais n’est pas sur notre route. Tant pis, nous y allons même si nous devons faire un détour car nos sacoches de nourriture (les petites sacoches jaunes que Célia porte à l’avant de son vélo) sont vides. Bonne nouvelle, c’est plat et nous arrivons rapidement au supermarché, un vrai et grand supermarché. Nous n’étions plus habitués à en voir d’aussi grand. Nous y avons même trouvé un kit règle/équerre/rapporteur pour les enfants. Et oui, nous sommes partis sans équerre alors que celle-ci s’avère nécessaire pour les cours de géométrie. Nous nous régalons d’un bon pique-nique sur le parking du supermarché puis nous partons rejoindre la côte. Nous trouvons un camping en bord de mer à Riza et plantons nos tentes sur la plage. Baignade, diner puis veillée avec feu de camp un peu plus loin sur la plage.


Mercredi, nous longeons la côte grecque. C’est magnifique, il y a très peu de voitures et pas trop de dénivelé. Que du bonheur ! Petite pause café en bord de mer sur la plage. Baignade fantastique, nous sommes seuls sur la plage. Notre interrogation du moment est : comment allons-nous franchir le tunnel qui passe sous la mer au niveau de Preveza et qui est interdit aux piétons et aux cycles. D’après des retours d’expériences de cyclotouristes, il est possible de faire du stop ou d’attendre que la patrouille vienne nous chercher si elle nous voit à la caméra, mais avant il faut franchir délibérément les sens interdit. Nous arrivons à Preveza et voyons l’accès au tunnel et les interdictions aux piétons/cycles. Il est l’heure de déjeuner et nous décidons donc d’aller pique-niquer au port et ensuite nous aviserons. Sur la route qui nous mène au port, nous voyons un panneau indiquant le poste de contrôle du tunnel. Nous y allons et expliquons aux agents notre souhait : traverser le tunnel pour éviter de faire un détour de 130 km (le tunnel est long de moins de 2 km). Les agents nous confirment que la traversée en vélo est strictement interdite, même tenu à la main et surtout dangereuse à cause de forts courants d’air. La solution qu’ils nous proposent : taxi ou si vraiment nous n’avons pas d’autres solutions, ils nous amènerons avec leur camion, mais ils insistent bien en disant que c’est vraiment la dernière des solutions. Nous les quittons et partons au port pour pique-niquer. Nous cherchons un bateau qui pourrait nous amener sur l’autre rive, mais sans succès. Nous retournons donc au poste de contrôle qui accepte de nous transporter pour la traversée du tunnel. Nous chargeons les vélos dans le camion et les sacoches dans le pick-up et en moins d’une heure, nous voilà de l’autre côté du tunnel. Nous pédalons une quinzaine de kilomètres et nous trouvons un site en bord de mer pour bivouaquer. Celui-ci est occupé par un troupeau de vaches. Nous allons voir le « cow boy » qui nous autorise à planter nos tentes et nous indique qu’il va remonter son troupeau dans peu de temps. Les bergers et « cow boys » descendent leurs troupeaux de brebis/moutons ou de vaches pour les faire paitre en bord de mer. Il est donc très courant de rencontrer des troupeaux sur les plages. Cours pour les enfants et préparation du feu qui nous servira à faire cuire une partie de notre diner : une délicieuse omelette au feu de bois. A la tombée de la nuit, les enfants s’affairent à maintenir le feu avec brindilles et pommes de pin.


Jeudi, nous continuons à longer la côte, toujours aussi belle. Nous croisons des vaches sur la route. Nous arrivons à Mitikas, petit village de pêcheurs. Nous décidons d’y rester pour y faire un bivouac car l'emplacement est idéal : plage, douche sur la plage et robinet d’eau au port. En début d’après-midi, nous faisons un skype avec la responsable des échanges internationaux de l’école des enfants, qui anime chaque jeudi midi « le café international », moment d’échanges entre les élèves étrangers et les correspondants. Depuis la rentrée, ces jeunes suivent notre périple tous les jeudis midi. Prochain rendez-vous fixé le 08 novembre 2018. Après-midi plage, baignade, puis pêche pour Gilles, Maxime et Célia pendant que Maëlle nous prépare une délicieuse salade grecque sous le regard de deux chiens. Depuis le Monténégro, nous avons croisé beaucoup de chiens errant dans les villes et villages. Nous nous sommes habitués à leur présence et ne les craignons plus. La nouveauté en Grèce sont les chats « de gouttière ». Il y a en énormément surtout autour des poubelles. La nuit tombant, nous quittons le port pour trouver un lieu où nous installer. Le portail du camping est ouvert alors que celui-ci est fermé à cette saison. Nous allons voir les propriétaires qui acceptent que nous y plantions nos tentes pour la nuit.


Vendredi, nous quittons Mitikas de bonne heure (8h30) car nous souhaitons prendre le bateau à Astakos pour l’île d’Ithaque. Le bateau part à 12h15 et nous ne souhaitons pas prendre de risque. Nous avons 32 km à faire avec un peu de dénivelé. Nous arrivons avec une bonne heure d’avance et en profitons pour pêcher, faire quelques courses et découvrir une spécialité grecque : les friands à la viande, au fromage et à la crême pâtissière. La traversée dure trois heures, uno, sieste, dessin,… A notre arrivée, direction Vathy, très jolie ville de pêcheurs. L’île d’Ithaque est l’île dont le héros mythologique Ulysse est originaire. Nous partons en repérage pour le bivouac du soir. Lieu trouvé : sous les pins face à la mer et à l’abri des regards depuis la route. Ensuite, pêche et lecture en attendant le diner. Célia pêche son premier poisson et rayonne de bonheur. Nous faisons la connaissance de Elke et Wolfgang, un couple d’allemand en vacances sur un voilier. Ils sont rentrés depuis un an d’un tour du monde qui a duré deux années. Ils nous invitent pour le petit déjeuner sur leur voilier. Diner au restaurant avec dégustation de spécialités locales, puis montage du camp à la lampe frontale et tout le monde au lit. Nous aimons nous retrouver sous notre tente dans notre duvet, nous nous y sentons bien, comme dans un nid, c’est notre « chez nous » pour cette année.

Samedi, pliage du camp à l’aube, comme à chaque bivouac, surtout en Grèce car le camping sauvage est interdit et apparement fortement verbalisé. Nous passons prendre quelques croissants et pains au chocolat à la boulangerie et rejoignons Elke et Wolfgang pour un délicieux et copieux petit déjeuner. Pêche, lecture, balade dans les ruelles et petits magasins, première prise pour Maëlle. Dans une boutique, la vendeuse nous (Maëlle et moi) demande de quel pays nous venons. Quand nous lui disons France, elle nous parle de Brest. Incroyable ! Son mari travaille sur les cargos et ils vivent 6 mois par an sur l’eau et ils vont à Brest et Saint-Malo. L’après-midi, plage dans une petite crique située de l’autre côté de Vathy ainsi que pêche. Maxime s’est pris de passion pour cette nouvelle activité. L’eau est toujours aussi bonne et il n’y a personne. En fin d’après-midi, nous repassons par Vathy faire quelques courses et nous dirigeons à l’embarcadère, situé de l’autre côté de l’île. Nous prenons le bateau pour Patras le lendemain matin (7h50) et devons donc dormir à proximité du lieu d’embarquement. Nous ne trouvons pas de lieu satisfaisant sur le chemin. Nous dinons et dormons donc à l’embarcadère, à la « belle étoile » abrités dans l’aire d’embarquement.


Dimanche, nous sommes évidemment les premiers passagers arrivés à l’embarcadère. Les enfants prennent un bol de céréales sur le quai avant d’embarquer. Petit déjeuner sur le ferry, lecture, dessin. Nous arrivons vers midi à Patras. Nous déjeunons en ville, les plats sont gigantesques et en plus le patron nous offre une glace pour le dessert. Nous sommes rassasiés et repartons même avec nos frites dans un doggy bag. Pas de camping à moins de 25 km de Patras, nous optons donc pour un appartement pour les deux prochaines nuits. Nous picorons pour le diner, nous sommes encore repus par le déjeuner. La semaine se termine déjà. Les jours défilent à une vitesse folle. Déjà 3 mois que nous sommes partis, déjà un mois que j’ai écrit mon dernier article. La fin de notre périple européen approche, c’est incroyable.


Ci-dessous poème de Constantin Cavafis intitulé Ithaque et traduit en français par Marguerite Yourcenar.


Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expériences.


Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni la colère de Neptune. Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer que par des émotions sans bassesse.


Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni le farouche Neptune, si tu ne les portes pas en toi-même, si ton cœur ne les dresse pas devant toi.


Souhaite que le chemin soit long, que nombreux soient les matins d'été, où (avec quelles délices !) tu pénètreras dans des ports vus pour la première fois.


Fais escale à des comptoirs phéniciens, et acquiers de belles marchandises : nacre et corail, ambre et ébène, et mille sortes d'entêtants parfums. Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums.


Visite de nombreuses cités égyptiennes, et instruis-toi avidement auprès de leurs sages. Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit. Ton but final est d'y parvenir,


mais n'écourte pas ton voyage : mieux vaut qu'il dure de longues années, et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu'Ithaque t'enrichisse.


Ithaque t'a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route. Elle n'a plus rien d'autre à te donner.


Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t'a pas trompé. Sage comme tu l'es devenu à la suite de tant d'expériences, tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques.


Mes petits bonheurs de la semaine

  • la méditation : nous avons été initiés à Corfou par Leit, une israélienne qui pratique cette discipline depuis plusieurs années et qui était dans le même camping que nous ;

  • les délicieuses salades grecques préparées par Maëlle ;

  • La feta à la coupe, il y en a tellement que je ne sais jamais laquelle choisir. Je n’ai jamais été déçue, elles sont toutes délicieuses ;

  • Les troupeaux de vaches, brebis, moutons croisés sur notre route ou aperçus sur le bord de mer. Quand nous ne les voyons pas, nous entendons leurs cloches ou les voyons surgir de nulle part ;

  • Maxime, heureux sur la plage de galets, entourés de milliers de cailloux, qui s’amuse à les lancer dans la mer ou perfectionner ses ricochets ;

  • le sourire des enfants lorsque qu’ils attrapent un poisson et la tête de Maêlle quand elle a dû tenir son poisson dans les mains, celui-ci n’arrêtait pas de lui échapper ;

  • les villages de pêcheurs authentique, sans touriste, sauf nous ;

  • les plages, les baignades, seuls au monde ;

  • la discussion avec Maëlle et Célia sur la plage à propos du « bonheur » ;

  • et encore pleins d’autres…

Avis aux amateurs de voile, nous avons vu beaucoup de voiliers, les navigateurs se régalent dans les îles grecques, surtout à cette période de l’année.


Merci à tous pour vos messages, vos encouragements, vos pensées, cela nous fait chaud au coeur. Belle semaine à tous, bonnes vacances aux enfants et aux parents qui ont la chance d'en avoir.

LE BLOG DE MAXOU :


Les Grecs ont leur alphabet, que j'essaie d'apprendre à déchiffrer !

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