• Léna

Semaine 10 : De Jelsa (Croatie) à Ravno (Bosnie Herzégovine)

Mis à jour : 6 nov. 2018


Paysage de Bosnie

Départ de Jelsa sur l’île de Hvar. Nous sommes contents de retrouver les îles croates. Etape avec de belles montées. Nous croisons Helga et Rainer, un couple de cyclo-randonneurs allemands que nous avions rencontrés la veille sur le ferry. Toujours de beaux paysages de montagne sur la route en lacets qui nous laisse entrevoir de magnifiques vues sur la mer. Pendant la pause, les enfants viennent me voir en me disant, « Maman, sent, ça sent le gressin ». Les enfant ont découvert le romarin… Nous allons devoir ajouter le chapitre Plantes aromatiques à leur programme scolaire. Nous arrivons dans l’après-midi à Sucuraj (il y a un accent aigu sur le c, mais pas possible de le faire avec notre clavier). Le camping est face à la mer, donc baignade après le montage du camp puis cours pour les enfants. Maxime est ravi de faire son premier cours d’Histoire avec son papa.


Mardi, après un petit déjeuner face à la mer, nous poursuivons notre périple jusqu’à Bacina en longeant la côte. Baignade lors de la pause déjeuner. Arrivée dans l’après-midi au camping situé en bord de lac. Même programme que les jours précédents : baignade puis cours. Les filles s’installent dans leur tente pour travailler et Maxime et moi révisons sur le ponton du lac. Diner sur le ponton avec des loupiotes qui nous éclairent. La nuit tombe vite (vers 19h15) et nous en profitons pour observer les étoiles et apprendre de nouvelles constellations.


Mercredi, direction Medjugorje en Bosnie Herzégovine. Après un passage à la Poste de Plocé puis dans un entrepôt situé à Metkovic, pour récupérer le paquet que Gilles a fait expédier, nous traversons la frontière Croatie/Bosnie Herzégovine. Nous donnons nos passeports au douanier et après avoir été contrôlés, nous commençons à repartir. Le douanier assis à côté de celui qui nous a contrôlés nous demande de nous arrêter (nous n’avons pas compris ce qu’il a dit mais le ton employé en disait beaucoup). Nous avons oublié qu’il faut passer deux frontières. Le premier douanier représentait la Croatie et le second la Bosnie Herzégovine. Nous avions déjà vécu la même situation à la frontière Slovénie/Croatie. Nous essaierons d’être meilleurs à la frontière du Monténégro.


Non loin de Medjugorje, Gilles et les filles parlent de basiliques. Maxime, me dit à ce moment là d’un air très joyeux, «Maman, y a un basilic and co (pizzéria) à Medjugorje ! ». Ce petit moment aura permis Maxime de revoir son cours sur les homonymes.


Jeudi, journée spirituelle à Medjugorje avec messe en français le matin puis chemin de croix l’après-midi et messe en croate pour Maëlle et moi en fin de journée. Le midi, nous sommes retournés déjeuner au camping. Un cochon venait d’être embroché pour rôtir sur le barbecue géant du camping. Après 4 heures de cuisson et quelques dizaines de kilos de charbon, ce cochon a dû ravir quelques papilles.


Vendredi, nous partons à Mostar. Le chemin emprunté est une piste cyclable située entre le fleuve Neretva et la voie de chemin de fer. Aucun dénivelé, les kilomètres sont vite avalés et nous arrivons à l’heure du déjeuner. Après la séance de cours (notez que nous tenons chaque jour notre engagement d’instruire nos enfants), visite de la ville. Nous sommes agréablement surpris par cette ville qui a gardé beaucoup d’empreinte de l’empire ottoman, cela lui donne un air oriental. Eglises catholiques et mosquées se côtoient. Cependant les stigmates de la guerre sont toujours là : bâtiments et maisons en ruine et impact de balles sur les murs. Cette guerre que nous avons vue de loin à la télévision nous semble bien proche. Nous prenons également conscience que les personnes de notre âge étaient adolescents au moment des faits et que ce sont nos parents (grands-parents pour les enfants) qui combattaient. Nous passons sur le fameux pont Stari Most qui a été détruit pendant la guerre en 1993 puis reconstruit à l’identique en 2004. Gilles, Maëlle et Célia vont visiter le musée de la guerre tandis que Maxime et moi tentons la visite de la maison turque, mais arrivons trop tard, nous nous rabattons sur une glace (c’est pas mal aussi et très tentant, 50 centimes d’euros la boule). La journée se termine par la dégustation d’un plat local fait de viandes grillées, fromage, tomates, concombres, oignons, pain pita, ajvar.

Samedi, nous poursuivons notre route vers Stolac. Comme à Mostar, églises et mosquées parsèment la petite ville. Nous entendons l’appel à la prière depuis un minaret. Même programme que d’habitude : baignade dans la rivière, cours, petite balade et diner au restaurant pour poursuivre notre découverte des mets locaux. L’une des spécialités sont les crêpes pour le dessert. Les enfants tentent les crêpes et Gilles et moi prenons un kataif, gâteau de pâtes, avec des noix et du sirop. Les crêpes, parsemées de poudre de noisette, sont délicieuses et nous font penser au diner galettes/crêpes chez Papou et Mamy. Le kataif est excellent lui aussi.


Dimanche, nous continuons notre périple vers Ravno. Nous savons que l’étape ne sera pas facile : montée en continu sur les 10 premiers kilomètres et peu de possibilité de se ravitailler en eau dans la journée. Nous faisons une pause à mi-chemin et au moment de repartir, Célia ne se sent pas bien, probablement un coup de chaud étant donné la chaleur et le manque d’ombre. Gilles, Maëlle et Maxime amènent Célia près de rochers à l’ombre et lui confectionnent un lit avec des herbes hautes. Notre petit agneau se repose, s’endort et reprend des forces. La poursuite de l’étape se déroule sans embûche. Un petit restaurant se trouve sur le bord de la route au moment du déjeuner. C’est surprenant car nous n’avons pas vu une seule habitation depuis notre départ. Nous nous y arrêtons pour déjeuner, nous sommes heureux et avant de repartir, le propriétaire remplit nos bouteilles avec de l’eau fraîche. L’après-midi nous redescendons dans la plaine et passons devant des temples orthodoxes magnifiques, nous voyons sur le bord des routes des cahutes avec des feuilles qui sèchent, probablement du tabac. Nous arrivons chez notre hôte Beba en fin de journée. Beba habite dans la montagne. Nous sommes accueillis à bras ouverts. Beignets, orangeade, vin faits maison nous attendent. Nouveauté du voyage : l’eau du robinet n’est pas potable. Beba avait déjà mis au frais 5 litres d’eau et Gilles a fait bouillir plusieurs litres pour remplir nos bouteilles pour le lendemain. Pas de wifi chez Beba, ce qui explique le « pas de post » depuis notre site dimanche soir. A défaut de connexion internet, nous avons allumé la télévision et avons regardé l’émission « America got a talent », l’ équivalent de la France a un incroyable talent » en version américaine, sous titré en bosnien (nous supposons). Bon moment en famille et bon moyen d’améliorer notre anglais.


Notre périple en Croatie se termine. Nous irons voir Dubrovnik en bus depuis Trebinje. Nous retiendrons de la Croatie ses belles montagnes, ses îles, les moutons, l’eau transparente avec les poissons et les oursins, les petites échoppes sur le bord de la route, les figues délicieuses, le raisin, les prunes, les oliviers, les chapelles, les petites alcôves dédiés à la Vierge Marie.


Mes petits bonheurs de la semaine

  • le coquillage trouvé sur ma serviette après ma sieste sur la plage mardi midi, offert par Célia,

  • le bouquet de fleurs offert par Maxime jeudi matin en quittant le camping,

  • les baignades,

  • les diners et petits déjeuners face à la mer et lac,

  • les odeurs de figuiers et romarins en pédalant,

  • les klaxons d’encouragement quand nous pédalons,

  • dimanche : étape difficile mais vécue dans la bienveillance,

  • la découverte de la Bosnie Herzégovine, magnifique pays, la gentillesse de ses habitants, ses mets. Seul bémol : les abords des routes sont couverts de déchets (bouteilles en plastique, paquets de cigarettes, CD,...), c'est attristant...

  • les clémentines délicieuses, un peu acidulées, dont la peau est de couleur verte et jaune,

  • les grenades au moment de les acheter car déception lors de la dégustation : la première était pourrie et la seconde pas assez mûre, je ne désespère pas d'en manger une bonne,

  • Et pleins de petits moments anodins mais qui rendent heureux.

Encore merci à tous pour vos messages, encouragements, cela nous fait chaud au coeur. Belle semaine à tous même si celle-ci est déjà bien entamée.


LE BLOG DE MAXOU :

Détail de la quatrième monnaie que nous utilisons

181 vues4 commentaires