Le Blog de notre tour du monde à vélo en famille

Ici c'est le blog! Nous tâchons de l'alimenter à raison d'une fois par semaine. Mais vous pouvez suivre également notre galerie photo où nous posterons une photo par jour, notre galerie des sons et la rubrique "En Chiffres" pour voir où nous en sommes!

  • Célia

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Lac de Wallaga, photo sans filtre !

Lundi, nous décidons de nous poser un deuxième jour à Eden puisque qu’il est censé pleuvoir 5 à 7 cm de pluie tout au long de la journée, je me réveille à 7h et déguste mes tartines de Nutella ( c’est la règle : un pot par continent). Maëlle continue a rédiger son article pendant que je dispute une partie très serrée de ping-pong avec Maxou, je l’ai battu même si je reconnais qu’il est assez doué. Papa et Max décident d'aller faire quelques courses, ils ont enfilé leur tenue de pluie.

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Papa et Maxime dans leurs tenues de pluie

Maman nous prépare de bons burgers maison pour ce midi et nous apprécions tous ce petit plaisir simple mais qui fait vraiment du bien. C’est au tour de Maman de me défier au ping-pong, cette fois je ne ressortirai pas gagnante et de-même avec Papa, ils sont bien trop forts ! Le camping est vraiment immense, nous décidons alors d’aller aux trampolines avec Maxime mais quelques minutes après nous voulons jouer au basket. Maxime va demander comme un grand si nous pouvons avoir un ballon de basket à l’accueil et en anglais ! Papa nous prépare de délicieuses pâtes carbonara avec de bons oignons et du bacon. Maxime s’est fait de nouveaux copains et ils ne veut plus les quitter et encore moins si c’est pour aller se brosser les dents. Je me couche bien au chaud dans ma tente et sous la pluie.


Mardi, on se réveille avec « la bombe humaine » (oui, il serait peut être temps de demander à Papa si il ne peut pas changer la sonnerie…) et nous plions nos matelas, nos duvets et nos affaires. Ce matin, Maëlle part préparer le petit déjeuner, je me retrouve donc seule pour plier la tente mais heureusement papa est là pour m’aider un peu. Nos tentes sont trempées mais nous parvenons à les déplier juste avant qu’il ne se remette à pleuvoir. Nous nous réfugions vite dans le « camp kitchen », laissons toutes les affaires dedans et nous filons tout droit vers le musée des baleines et des orques avec nos vélos non chargés. En chemin, nous rencontrons Justin, qui habite à Pambula et qui a passé 2 semaines en Tasmanie à vélo, il porte son chien sur sa carriole avant.

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Justin et son chien

Il fait très chaud mais surtout très orageux, un peu comme en Asie. Nous apprenons beaucoup de choses sur les baleines et les orques et on se dit qu’il ne faudrait mieux pas en croiser vue leur taille. Nous commençons enfin l’étape et débutons par une bonne grosse côte. Nous faisons une petite pause dèj au bord du lac, pas de sieste pour maman cette fois ! Nous arrivons un peu plus tard à Merimbula dans un parc avec plein de barbecues, des toilettes, des douches et beaucoup de jeux. Avant de nous arrêter, nous passons dans un magasin de vélo pour changer la cassette de Papa, cela faisait plusieurs jours que la sienne était tordue et il était grand temps de la changer. En arrivant le gérant du magasin nous dis qu’il nous a en photo sur son portable, c’est Justin avec qui il est copain qui lui a envoyé ce matin ! Nous chillons dans le parc toute la fin d’après-midi en attendant la tombée de la nuit pour planter les tentes au fond du parc. Je prépare les poissons panés sur le barbecue et pendant ce temps…Papa va nous chercher des frites dans un fish and chips ! Nous plantons vite nos tentes, c’est l’un des bivouacs les plus osés que nous n’ayons jamais fait ! Plusieurs voitures de police ne sont pas loin. Nous nous endormons avec le bruit des crickets dans les oreilles.


Mercredi, nous démontons les tentes encore mouillées et nous petit déjeunons à la même table qu’hier. Nous partons assez tôt pour pouvoir faire une bonne étape. Nous avons énormément de montées mais aussi beaucoup de descentes.

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Voilà le genre de montés qu'on voit au loin

Nous nous arrêtons déjeuner dans un parc avec des machines de sport, une grande plage et des tables de pique-nique. Nous mangeons et allons nous baigner. Nous sommes dans l’eau quand nous voyons tout à coup une dizaine d’ailerons à 40m de nous ! Ils s’approchent parfois de nous mais pas à plus de 30m, on ne sait pas si ce sont des orques, des requins ou des dauphins mais ce n’est pas très rassurant. Finalement, nous sommes quasiment surs que ce sont des dauphins vue leur façon de nager. Nous repartons très contents d’avoir vu ça puis d’avoir pu prendre une douche froide! Après 40km nous avons un choix à faire : Soit nous tournons pour bivouaquer dans un parc national soit nous continuons 11km de plus pour un camping. Nous décidons de tourner et de tenter le bivouac, malgré une piste en mauvais état et très vallonnée. Nous arrivons 1 km avant le spot et un panneau affiche que le site est sous vidéo-surveillance et que c’est strictement interdit de camper. Nous continuons malgré tout et c’est très beau, nous avons un endroit pour planter les tentes et il y a des tables de pique-nique. Sur la plage, au bord de la rivière, il y a plusieurs kangourous, c’est vraiment super !

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La vue de notre bivouac

Nous plantons les tentes assez tôt puisqu’il n’y a personne, pas de caméras, il pleut et nous sommes dans le sable. Juste avant de nous coucher, nous nous posons sur le sable et regardons la pleine lune. Une nouvelle journée nous attend demain.

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Maëlle et Maxime devant un wallaby sur notre bivouac


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En repartant de notre bivouac, dans le parc national

Jeudi, nous démontons le camp dans le sable mouillé et nous prenons notre petit déjeuner sous la pluie en compagnie de 3 kangourous. Après avoir nettoyé mes freins ainsi que ceux de Maxime, nous partons en direction de Wallaga Lake. Les 3 premiers kilomètres pour rejoindre la route sont incroyables, des kangourous par-ci, des kangourous par-là, il y en a partout et on ne s’en lasse pas du tout !Nous montons beaucoup tout au long de l’étape encore une fois. Nous arrivons à Bermagui, une grande ville dans laquelle nous décidons de nous arrêter manger. Nous décidons aussi de changer nos habitudes pour 1 fois et d’acheter de vrais baguettes et non du pain de mie. Nous dégustons nos bons sandwichs au poulet cuisinés au barbecue puis arrive le moment où nous devons repartir. Il ne reste plus que 7km pour arriver dans un camping, facile ! Le camping est top et cela fait du bien de pouvoir se poser un peu. Nous faisons sécher les tentes et nous lavons les vélos puis allons prendre nos douches. Sur le chemin des sanitaires, deux monsieur nous arrêtent et nous posent beaucoup de questions sur notre voyage, il sont épatés ! Après ma douche, je dispute une partie de UNO avec Maëlle et Maxou. Quelques minutes plus tard, les deux monsieur que nous avions rencontrés quelques heures auparavant reviennent avec du poisson tout frais qu’ils ont pêché et pris le temps de paner. Nous les remercions infiniment et les préparons à la poêle. Nous faisons aussi cuire 500g de pâtes pesto ! Juste avant de ranger les affaires, un vol de chauve-souris s’offre à nous, il y en avait des centaines et surtout énormes ! Je rentre dans ma tente et je m’endors tranquillement…




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Bruce et Papa

Vendredi, nos tentes sont trempés et nous allons encore devoir les démonter sous la pluie. Papa prend le temps de lubrifier les chaînes de tout le monde et nous petit déjeunons. Une heure plus tard, après avoir tout ranger et s’être brossé les dents, Bruce vient à notre rencontre. Il nous demande si nous faisons cette aventure pour une oeuvre de charité et nous lui répondons que non : nous faisons ça pour notre expérience personnelle. Il nous sort alors des billets de sa poche et nous les offre. Nous sommes choqués, nous ne pensions pas que l’on pourrait nous offrir de l’argent et ça vaut de quoi nous payer 2 bonnes nuit de camping. Il insiste et nous le remercions beaucoup.


Puis nous continuons notre périple. 5km avant la pause déjeuner, nous arrivons dans un endroit où des pêcheurs vident leur pêche et nourrissent des phoques et d’énormes raie en liberté. Je n’avais jamais vu de si grosses raies de toute ma vie et les phoques étaient magnifiques. Nous passons une bonne demi-heure à regarder ces animaux puis continuons à pédaler.


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Chauve souris sur un fil électrique

5km plus tard nous arrivons à l’endroit de la pause dèj et nous rencontrons une dame en van. Elle nous dit qu’elle nous a déjà vu plusieurs fois sur la route. Et qu’elle trouve ça génial ce que l’on fait. Ici, dans le New South Wales, les gens s’intéressent beaucoup plus à notre périple, ils sont tous épatés et répètent « waw, it’s amazing, you are crazy !! ». Nous continuons sur une piste cyclable vraiment sympa, c’est mieux que d’être sur l’autoroute et en chemin nous rencontrons une chauve-souris accrochée à un fil électrique la tête en bas.


Nous passons également près d’une fromagerie/marchand de glace, qui fait de très bons fromages et leurs glaces je ne vous en parle même pas ! Nous craquons pour un petit bloc de fromage ainsi que deux pot de glace aux noix de macadamia.

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Coucher de soleil sur Tuross Heads

Nous arrivons au camping vers 16h et nous filons vers la piscine, ensuite c’est le tour des douches puis la préparation du repas. Nous mangeons de la semoule et du poulet pendant que papa nous explique qu’il faut impérativement mâcher et ne surtout pas manger trop vite.



Tour du monde à vélo en famille : Australie
Sur la route...

Samedi, nous prenons notre petit-déjeuner en douceur quand tout à coup Maxime, qui était sur la barre des pompiers à coté, se fait très mal au genou. Il reste assis longuement sur un banc sans parvenir à tendre la jambe. Mais heureusement tout s’arrange, Papa lui explique que ce n’est que parce qu’il a peur et que tout va bien se passer. Nous partons et roulons jusqu’à Broulee où nous prenons notre pause pour manger. Encore un fois nous avons acheté du bon pain ciabatta pour nous donner des forces. Je décide alors de défier Maëlle et Maxime au Scrabble pendant que Maman va faire une petite sieste. Nous n’avons pas emmené de Scrabble mais nous collectionnons des petits jouets venant d’un magasin Australien. À l’arrière de ces petits jouets, il y a des lettres et cela nous permet de jouer un peu au Scrabble. D’ailleurs, Maxime a réussi aujourd’hui à compléter sa collection ! Papa refuse de jouer avec nous et nous dit : « Je ne peux pas jouer avec vous, je suis bien trop fort et je passerai plus de temps a vous expliquer mes mots plutôt qu’à jouer, vous aller être bien trop dépités de perdre ! » ( C’est le genre de phrase que tu entends tous les jours quand tu es avec Papa😂.)Nous arrivons une quinzaine de kilomètres plus tard au camping où nous poserons 2 nuits. Nous arrivons à la réception et la gérante du camping est épaté par notre aventure et nous fait 2 nuits à demi prix plus une nuit gratuite. Autant vous dire que c’est tentant de rester une nuit de plus ! C’est d’accord nous resterons 3 nuits pour bien reprendre des forces puisqu’après 4 jours de pédalage sous la pluie avec 4000m de dénivelés positifs on en a bien besoin. Nous nous posons, prenons nos douches, montons le camp et jouons au Scrabble cette fois-ci avec Papa qui passe effectivement plus de temps à nous expliquer ses mots qu’à jouer (wou, yin…).😂Après ce bon après-midi, nous décidons d’aller nous coucher et Maxime est crevé, il a un coup de cafard et commence à en avoir marre de tout. Je le réconforte en lui disant qu’il nous reste encore 4 long mois, puis Maëlle se rajoute en lui disant qu’il nous reste toute la traversée du Canada et Papa le prévient qu’il ne reste « plus que » 120 dodos. Autant vous dire qu’on a bien mis Max en dépression. Mais on a tous fini par rire et on a passé une super nuit !


Dimanche, on se réveille tous contents de ne pas devoir tout plier et de pouvoir prendre notre temps au réveil. Maxime se sent beaucoup mieux, il est de très bonne humeur. Nous prenons notre petit-dèj dans le calme avant de commencer à s’occuper un peu. Maëlle travaille, Maxou joue, je rédige cet article et Maman et Papa planifient une journée surf pour le lendemain. Ce matin nous devions aller nous promener à Batemans Bay mais finalement nous décidons d’aller à la plage juste en face du camping.

Tour du monde à vélo en famille : Australie
Baignade à Caseys Beach

Tout le monde se baigne sauf moi, je rentre et je commence à dormir sur un transat au bord de la piscine. Papa vient me voir et me demande si ça me dirait que l’on fasse un saut à Batemans Bay. Nous partons donc tous les deux faire les courses et essayer de trouver un coiffeur pour que je puisse me couper les cheveux. Pas de coiffeur encore ouvert, ce n’est pas grave, nous partons faire les courses. Nous rentrons et ramenons nos courses aux autres. Une famille de 4 français est arrivée en camping-car : nous discutons et nous sommes même invités à prendre un apéro ! Nous finissons la soirée en allant tous à la pizzeria d’à coté et Maxime s’est fait une amie. Je suis bien calée, je vais passer une bonne nuit et j’ai hâte d’aller surfer. 🏄‍♀️


Mais rien ne va se passer comme prévu…

Suite dans le prochain article…


A bientôt,


Célia ❤️


Tour du monde à vélo en famille 2018-2019: Australie
Dan, Erika et leur chien

Lundi 11 mars, nous partons du camping de Paynesville. Dans deux jours, cela fera déjà un mois entier que nous serons en Australie. Le temps passe tellement vite ! Nous roulons quelques kilomètres jusqu’à Bairnsdale où nous nous arrêtons faire des courses. Nous rejoignons ensuite le « East Gippsland Rail Trail » , un chemin cyclable d’environ 90km qui passe dans la forêt, et qui nous offre un cadre plus sympa que la route. Sur le chemin nous croisons un couple de cyclos, Erika et Dan. Ils s’entraînent pendant 5 jours avec leur chien dans une carriole, en prévision de leur traversée du désert d’Australie.


Tour du monde à vélo en famille 2018-2019: Australie
Un échidné à nez court

Le chemin continue, nous montons un peu mais en pente très douce, ça roule tout seul ! Nous entendons beaucoup d’animaux cachés dans la forêt et nous voyons un wallaby ! C’est un petit kangourou de couleur un peu plus foncée, ils sont trop mignons ! Nous retrouvons aussi un animal que nous avions découvert la semaine passée : l’échidné à nez court. Cela ressemble à un porc-épic. Nous nous arrêtons comme d’habitude pour le pique-nique puis repartons. Vient la pause de l’après-midi et nous passons enfin les 7000km ! J’ai l’impression que cela fait une éternité depuis les 6000 (en Asie).


Tour du monde à vélo en famille 2018-2019: Australie
Le Stony Creek Trestle Bridge

Vers 18h, il est temps de choisir où dormir. Nous sommes près d’un ancien pont en bois (le Stony Creek Trestle Bridge), où il y a des toilettes, une table, et un carré d’herbe pour planter les tentes : c’est le bivouac parfait ! Nous posons les vélos, nous lavons rapidement au gant de toilette et préparons le dîner. Après ça, chacun prend son rôle : moi et Célia montons la tente des enfants, Papa monte la sienne avec l’aide de Maxime, Maman décharge les vélos, puis nous finissons tous le rangement des sacoches. Rapide et efficace !



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Martin l'aventurier québécois

Le lendemain, nous nous réveillons tranquillement. Les tentes sont un peu humides, comme presque tous les matins depuis qu’il ne fait plus trop chaud. Comme il n’y a pas de robinet, nous n’avons pas pu faire la vaisselle hier soir. Nous plions donc le camp et allons jusqu’à Nowa Nowa (dans 2,5km) pour prendre le petit-déjeuner. Nous trouvons un petit parc avec des sanitaires et des tables. Nous rangeons la vaisselle quand un cyclo s’arrête : c'est Martin, un québécois qui va aussi à Sydney à vélo. Il a déjà voyagé un peu partout dans le monde et ne fait que des bivouacs (avec quand même un petit camping de temps en temps, histoire de prendre une douche). Nous discutons pas mal avec lui puis repartons sur le Rail Trail. C’est un peu plus vallonné qu’hier, nous avançons un peu moins vite, Martin nous rattrape ! Nous parlons encore longuement. Il nous met en garde contre les ours au Canada. Petit conseil : avoir une bombe à poivre au cas où nous en rencontrons un. Il nous faudra aussi savoir reconnaître les différentes espèces : l’ours blanc (grizzli) et le brun. Pour le grizzli, il faut faire le mort et se protéger la tête. Mais pour l’ours brun, qui n’a pas une très bonne vue, c’est l’inverse ! Il faut faire du bruit et des grands gestes pour avoir l’air imposant. Nous avons donc intérêt à bien les reconnaître car si nous faisons du bruit et des grands gestes devant un grizzli…. Nous ne serons certainement plus là pour vous raconter ! D’après Martin, il y a des morts tous les ans à cause des ours, mais si on sait comment se comporter, il n’y aura pas de problème ! J’espère quand même qu’on ne se fera pas pourchasser en haut d’un col en altitude, car les ours courent très vite en montée. C’est à dire qu’il faudrait tout redescendre…



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Ulf le voyageur allemand

Après cette longue pause, nous roulons, loin du bruit des voitures, c’est très agréable ! Les bruissements des feuilles sont toujours aussi nombreux, signe qu’il y a des animaux. En effet quelques kilomètres plus loin, nous voyons une petite boule noire au loin: qu’est-ce que c’est ? Nous nous approchons un peu et c’est un énorme scinque (serpent-lézard) ! De derrière on ne le voyais pas très bien mais plus nous sommes près plus il paraît grand (1m environ !). Papa sort son téléphone pour le prendre en photo mais malheureusement il s’enfuit avant. Nous voyons aussi quelques wallabies qui traversent la route. Nous nous arrêtons déjeuner sur une table de pique-nique, au milieu de le forêt. Le vent commence à arriver mais coup de bol, il est dans notre dos ! Nous suivons le Trail jusqu’à sa fin, à Orbost. Pour cette nuit, ce sera camping ! Maman et Célia partent faire les courses, on travaille un peu et papa regarde le trajet pour les jours à venir. Nous allons devoir passer par l’autoroute pendant 250km et ce ne sera pas plat du tout… Ulf, le cyclotouriste allemand que nous avions rencontré quelques jours avant, est aussi ici ! Il loge un peu plus loin, dans le centre du village. Il nous annonce qu’après 10 jours de voyage à vélo, il trouve cela un peu fatiguant et préfère continuer en bus. Papa lui propose de pédaler un peu avec nous mais Ulf a déjà renvoyé son vélo en Allemagne ! Nous finissons la soirée avec un bon dîner et allons nous coucher tôt pour attaquer en pleine forme le lendemain matin.



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Un des gros camions qui nous dépasse à toute allure (et encore, celui-ci est de taille raisonnable)

Mercredi, nous repassons au Foodworks (supermarché) faire le plein de vivres, de quoi tenir 3 jours. Sur l’autoroute, il n’y aura pas de magasins. Nous traînons un peu au camping. Papa doit faire quelques réglages sur son vélo, nous croisons Martin le québécois au supermarché. Il part dans les Alpes australiennes, où il fait 0°C en ce moment. Nous quittons donc le camping aux alentours de 11h, et partons vers l’autoroute. Nous débutons par des petites montées-descentes pour s’échauffer. Nous sommes sur l’autoroute et les gros camions commencent à arriver. Il n’y a pas de voitures simples sur cette route, soit la voiture tracte une caravane, soit un pick-up tracte un bateau. Nous faisons une quinzaine de kilomètres avant de nous arrêter pour manger sur une aire de repos. Les montées à 120-150m s’enchaînent.


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Notre spot de bivouac

Nous avançons 25km et arrivons à un « Hôtel-Motel ». Nous leur demandons si c’est possible de mettre les tentes sur leur carré de pelouse derrière mais malheureusement ils refusent. Ils nous conseillent un autre spot 7km plus loin, près d’une aire de repos. Petite pause Coca pour remonter le moral des troupes, puis nous repartons. Les 7km sont en descente et nous arrivons vite au spot de bivouac. Il y a un chemin qui part dans la forêt tropicale et qui débouche sur un petit parking et des tables : nickel ! Nous nous lavons et nous changeons rapidement. C’est infesté de moustiques, bonne occasion pour tester notre répulsif qui se révèlera très efficace ! Nous montons les tentes, rangeons les vélos et dînons, pour finir la journée bien au chaud dans nos duvets.


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Un vrai "big truck"

Jeudi, nous sommes assez efficace ce matin. Nous sommes prêts à partir dès 8h30. Il bruine un peu mais nous allons vite nous réchauffer car une montée nous attend ! Les vallons continuent mais les pentes sont assez douces (pas plus de 5% en général). Nous nous arrêtons déjeuner au Caravan Park gratuit de Cann River. Nous faisons le plein d’eau, nous prenons une douche (froide mais c’est mieux que rien !). Ce petit village contient un « General Store » (petit supermarché où tout est deux fois plus cher que d’habitude). Nous nous y rendons pour acheter du pain et de quoi remplir nos sandwichs pour les prochains jours. Le vendeur vient nous parler, tout impressionné par notre voyage. Il nous a vu sur son chemin et s’étonnait de voir Maxime pédaler. Il nous offre même des boissons gratuites ! Nous repartons pour 9km sous la pluie. Nous arrivons sur une aire de repos avec comme hier, un chemin débouchant sur des tables de pique-nique, un petit abri et des toilettes. Spot parfait pour bivouaquer ! Il est encore assez tôt, pas encore 16h. Nous partons en exploration dans la forêt tropicale, à la recherche d’animaux. Nous voyons des énormes scarabées sur un arbre. Nous rentrons au camp et Papa et Max coupent des bûches pour faire un feu (il y a une sorte de BBQ à feu). Je prépare le repas avec Célia puis nous montons les tentes avant de manger. Il fait un peu froid ce soir mais malheureusement le feu n’a pas tenu longtemps. Comme tout le bois était un peu humide en raison de la pluie, il faisait beaucoup de fumée. Nous rentrons dans les tentes et passons une nuit bien tranquille.


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Changement de région !

Vendredi, au réveil les tentes sont encore mouillées. Nous déjeunons, plions le camp et repartons. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Maxime. On ne risquait pas de l’oublier, il compte les heures depuis 2 jours ! Max a croisé un wallaby en allant aux toilettes cette nuit, peut-être que celui-ci venait lui fêter ses 9 ans ? Nous pédalons encore sur l’autoroute, vers Eden. Nous roulons pas mal de kilomètres dans la matinée et arrivons dans un « Caravane Park ». Il y a des toilettes, le l’eau (pas potable mais on pourra faire la vaisselle quand même), des jeux, un BBQ et des tables. Nous déjeunons et filtrons de l’eau pour remplir nos bouteilles qui se sont bien vidées. Le soleil réapparaît ! Il fait presque trop chaud si on n’est pas à l’ombre. On se repose un peu, il ne nous reste pas beaucoup de kilomètres cet après-midi alors on en profite !



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Joyeux anniversaire Max !

Nous reprenons la route vers le milieu d’après-midi. Nous avons 10-15km à rouler pour arriver sur une aire de repos (potentiel bivouac). Nous arrivons et ne sommes pas tous seuls, un bus-caravane est déjà sur les lieux et passe la nuit. C’est un couple d’Australiens qui partent deux semaines en vacances. Nous discutons avec eux et ils nous disent que plus on va au Nord, plus il fera beau, ouf ! Nous rencontrons aussi un petit van qui s’arrête pour la nuit. Un couple de jeunes italiens voyagent aussi en Australie. Sur l’aire d’autoroute, il y a un petit abri avec une table. Célia et moi travaillons pendant que Maxime joue. Comme d’habitude, nous montons les tentes avant de préparer le dîner. C’est l’anniversaire de Maxime et pour son repas du soir il aura droit à 1kg de pâtes bolo (franchement c’était beaucoup trop, même si on a réussit à finir). Des bougies dans des pâtes, on pensait pas que cela arriverait un jour ! Nous passons une bonne soirée en famille, avant d’aller dormir.


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Papa commence tout juste à démonter sa tente alors que la notre est déjà rangée dans son sac

Samedi, nous n’avons plus que 43km jusqu’à Eden ! On se lève tous assez tôt pour démonter le camp efficacement, surtout moi et Célia (car Papa est bien gentil de montrer sa « victoire » pour le pliage des tentes mais quand c’est lui qui perd, comme par hasard personne n’en parle !). Nous partons sous la pluie pour cette dernière étape d’autoroute. Après, nous devrions rejoindre la côte et la suivre par une route secondaire. Nous roulons bien, même si la route reste vallonnée. Mais quand tout se passe trop bien, il faut forcément un imprévu…

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Petit imprévu...

Le pneu arrière de Célia est à plat. Heureusement la trou dans la chambre à air est assez gros et donc facile à localiser. Nous passons une heure à démonter la roue, enlever le pneu (c’est cela qui a pris le plus de temps), changer la chambre à air, remettre le pneu et regonfler la roue. Tout cela enfin fini, nous reprenons la route (toujours sous une petite pluie).


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Un arc-en-ciel sur les arbres ! Courage on y est presque !

Nous nous arrêtons sous un abri pour le déjeuner et repartons assez vite vers Eden. On a tous hâte d’arriver et de se poser dans un camping. Les derniers kilomètres sont un peu plus fatiguant. Les pentes sont plus raides. Nous arrivons enfin et nous arrêtons au Coles pour acheter un gouter et le gâteau d’anniversaire de Maxime. Nous allons ensuite au camping. Il est un peu plus cher que d’habitude mais le prix reste raisonnable, surtout avec ces infrastructures. Il y a une grande cuisine avec des tables abritées et des canapés, il y a aussi une table de ping-pong, un terrain de tennis, une « TV Room » et une piscine. En plus de cela, un abris près de notre camp nous permet de mettre les vélos au sec. Que demander de plus ? Nous nous posons dans la salle commune (cuisine) et attendons que la pluie passe pour monter les tentes. Nous rangeons tout et allons aux douches. Après 4 jours, ça fait un bien fou ! Chacun se repose de son côté et pour le dîner : pizzeria ! Normalement c’est à emporter mais pour être au sec, nous mangeons à l’intérieur. Pour un samedi soir, c’est tout calme, il n’y vraiment personne dans les rues. Ensuite, nous rentrons, tous fatigués, pour une bonne nuit.



Tour du monde à vélo en famille 2018-2019: Australie
Balade sur la plage

Dimanche, dernier jour de cette semaine, c’est repos. Chacun se réveille à l’heure qu’il veut. Il pleut un peu le matin mais le soleil revient dès 11h. Maman et Maxime partent faire les courses et nous ramènent de quoi faire de bons burgers maisons. En dessert, pour l’anniversaire de Max, on prépare les bougies sur des vrais gâteaux cette fois (muffins). L’après-midi, nous partons en balade près du lac et sur la plage. Nous voyons quelques méduses, cela ne donne pas trop envie de se baigner.


Voilà tout pour cette semaine. Petit bilan sportif : 300km et 3000m d’ascension. Nous avons fait des calculs et nous avons presque monté autant en 1 mois en Australie qu’en 3 mois en Asie ! Et ce n’est pas fini… Les prochaines étapes seront bien vallonnées mais on sera sur la côte.


A bientôt pour de nouvelles aventures


Maëlle

Dernière mise à jour : 18 mars 2019


"Quand tu voyages en Australie, tu prends conscience que le kangourou ce n'est pas qu'un slip...(silence)...un peu comme en Afrique avec le léopard..." - Jean-Claude DIM, concepteur de sous-vêtements


Tour du monde en famille à vélo : lever de soleil
Lever de soleil sur Inverloch lundi matin

Cette 34è semaine de notre aventure familiale démarre comme toutes les autres : par un lundi ! Cette fois nous sommes à Inverloch dans un camping. Ce matin nous sommes invités à prendre un vrai café avec Claudia et Robert : c'est tellement rare depuis 8 mois maintenant de boire un vrai café qui ne soit pas un instantané, que j'apprécie particulièrement ce "petit bonheur" comme dirait ma chère et tendre. Ce matin, la discussion tourne autour de leur métier, de l'agriculture en Australie en général et de la mentalité qui règne ici. C'est enrichissant.

Tour du monde en famille à vélo : Inverloch
Maxou et ses copains Australiens

Nous avons la confirmation que le bio n'est pas complètement entré dans la culture ici, voire que la prise de conscience liée à l'utilisation des hormones et des multiples produits chimiques dans l'agriculture est loin d'être acquise. On sent également que la politique d'immigration qui se tourne notamment vers l'accueil des réfugiés, crée quelques dissensions dans ce pays qui a choisi au fil des ans son immigration sur des critères de valeurs, mais aussi de ressources.

Après ce petit épisode chaleureux et culturel, nous plions le camp pour filer rejoindre le "Great Southern Rail Trail", une ancienne voie de chemin de fer réaménagée en piste cyclable. Sur le chemin, un camion utilitaire roulant dans le même sens que nous, nous voit tardivement malgré nos gilets jaunes et fait une sortie de route : heureusement à cet endroit la route est bordée de graviers. Le conducteur parvient à contrôler son véhicule et à le stopper dans un tas de graviers. Plus de peur que de mal donc, mais cela nous rappelle que le risque routier existe bien, surtout ici où les routes sont propices à la vitesse et où les véhicules sont tous énormes : pas de berlines, que des énormes pick-ups qui tractent des remorques ou caravanes en consommant du 25l/100 quand ce ne sont pas des road trains, ces camions monstrueux tractant plusieurs remorques (2 ou 3 en général sur les routes que nous empruntons) et qui menacent de vous mettre dans le fossé ne serait-ce que par l'air qu'ils déplacent en vous doublant.


Tour du monde en famille à vélo : koala
Koala, au bord de la route, comme dans un livre

Quelques kilomètres plus tard, en levant les yeux, nous apercevons un koala dans un eucalyptus du bord de la route comme dans un livre. Nous restons une bonne demi heure à l'observer et à tenter d'interagir quand un groupe de cyclistes Australiens retraités en vélos électriques arrive à notre hauteur. Nous leur montrons joyeusement du doigt le koala incroyable au dessus de leur tête, et sans même y jeter un regard le chef de file nous sort, blasé : "yeah...it's quite common here...". Cela ne cassera en rien notre enthousiasme, et nous en verrons même un second quelques kilomètres plus loin. Nous aurons par ailleurs la confirmation par d'autres Australiens que c'est loin d'être commun : la plupart d'entre eux, qui se déplacent à moteur, n'ont jamais vu de koalas en dehors des réserves de conservation. Encore un privilège du voyage à vélo !

Nous retrouvons la quiétude et la sécurité des pistes une fois sur le trail qui chemine dans une forêt d'eucalyptus. Nous parvenons à Fish Creek, un tout petit village qui dispose d'un parc avec 3 barbecues électriques, des tables abritées et un grand jardin communautaire avec une pelouse ultra-plate et moelleuse !!! C'est décidé, nous pique-niquons ici sandwichs et maïs grillés au barbecue, puis restons travailler tout l'après-midi avant de déguster nos éternelles pâtes, cette fois au pesto. Avec néanmoins un changement : désormais nous cuisinons 750g de pâtes à chaque repas, et compte tenu de l'engouement je ne serais pas étonné que nous passions la barre des 1 kg prochainement. Nous montons le camp à la nuit tombante, encouragés par des centaines de cacatoès hurlants qui squattent les arbres alentours, et rejoignons Morphée pour une nuit paisible.



Tour du monde en famille à vélo : Great Southern Rail Trail
Sur le "Great Southern Rail Trail"

Mardi matin, les mêmes cacatoès qui nous hélaient la veille, nous réveillent, pas vraiment en douceur. Nous plions le camp en "deux-deux" comme disent les enfants, avant de prendre notre temps autour du petit déjeuner qui se compose désormais de flocons d'avoine, de pain de mie, de miel, de confiture et de beurre de cacahuètes : de quoi se charger en énergie avant d'attaquer une étape un peu plus longue. Nous repartons dans la forêt en direction de Foster. Nous y rencontrons 2 cyclistes sympathiques qui nous vantent le coin. C'est amusant cette différence remarquable avec l'Europe et l'Asie : si les Australiens que nous rencontrons sont plutôt chaleureux, ce que nous faisons en Australie ne les intéresse pas vraiment, par contre on les sent ravis de nous vanter leur "Great" pays, dont la "Great Ocean Road", le "Great Southern rail Trail" et le "Great Promontery"...et en même temps on les comprend tant la nature ici exprime toute sa beauté sauvage et variée ! Nous faisons nos courses à Foster où un autochtone vient me donner tout un tas de bons conseils sur notre itinéraire jusque Sydney : celui-ci s'annonce dans tous les cas assez difficile sportivement, mais il y a tellement de belles choses à voir que nous devrions y prendre du plaisir.


Tour du monde en famille à vélo : Great Southern Rail Trail
Pause à Toora

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu'à Toora où nous faisons une pause barres de céréales et balançoire. Cette portion de route est particulièrement cohérente : nous alternons la traversée de grands élevages de bovins, puis celle de parcs équipés de barbecues...

C'est quand même étonnant cette histoire de barbecues électriques publics. Chez nous en France, on a construit nos villages autour de ce que l'on pensait être essentiel à une communauté : une église et une boulangerie ! Ici, il y a ce côté pragmatique : les toilettes publiques, toujours propres et entretenues, et....des barbecues ! Parfois et même souvent, il n'y a même pas une épicerie dans le village pour acheter de la viande mais il y a un barbecue. Là où les Australiens sont très forts, c'est que leurs équipements restent en très bon état : une bonne maintenance, un vrai respect des équipements par les utilisateurs. Surréaliste en France ?

Bon, quand on y regarde de près, on s'aperçoit que tous les barbecues publics sont fournis par la même entreprise. Un marché aussi massif, capté par une seule et unique société, avec l'argent du contribuable, j'ai du mal à croire qu'il n'y ait pas un intérêt capitalistique ou de petit arrangement entre amis qui ait motivé cette décision d'état. Je ne vois pas trop un gouvernement décider spontanément pour son peuple, même de surfers : "et si on déployait des milliers de barbecues électriques pour encourager un peu la conso élec et que les gens puissent griller du boeuf aux hormones à souhait, y compris dans les plus petits hameaux ?". Deviendrais-je complotiste ? Bref...on grille quand même tout un tas de choses tous les jours dessus (sur une feuille spéciale réutilisable à volonté pour ne pas salir le barbecue) alors merci aux brillants fonctionnaires et élus à l'origine de ce déploiement !


Nous continuons la route jusqu'à Port Albert à 60km. Après s'être enquis de la météo, nous cherchons un camping avec un abri pour nous poser, mercredi étant annoncé pluvieux toute la journée. L'après-midi sera marqué par la découverte d'un petit scinque à langue bleue (une espèce de mix lézard / serpent inoffensif). Nous tentons de l'apprivoiser, mais après 2 heures de soins, il finira par s'enfuir au grand désespoir de Maxou qui s'y était déjà attaché.

Après un petit nettoyage de l'abri qui nous a été mis à disposition par le camping (où nous sommes seuls, même les gérants ne sont pas là, les contacts ne se sont faits que par téléphone), nous mangeons notre semoule avec des saucisses d'agneau au BBQ avant de nous endormir dans nos tentes, abrités de la pluie. Nous passerons ici deux nuits, dont une généreusement offerte par les gérants.


Tour du monde en famille à vélo : Port Albert
Pluie sur le camp à Port Albert

Tour du monde en famille à vélo : travail
Maxime travaille sous le regard bienveillant de Célia qui ne laissera pas passer la moindre erreur...

Mercredi, comme prévu, il pleut, il y a du vent et il fait frais. Nous profitons de notre abri pour travailler : les enfants rattrapent le manque d'assiduité de ces dernières semaines, quant à moi, je travaille l'itinéraire. Je pense qu'il faudra que nous trouvions des astuces pour arriver à Gold Coast en temps et en heure...car de base, il y a une grande distance, il y a de gros dénivelés, et il y a les contraintes météorologiques, bien plus fortes que sur nos trajets précédents en Europe et en Asie. On verra !

Tour du monde en famille à vélo : autostop
Hého ! Y a quelqu'un ? Au cas où, on se tient prêt !

Après une petite sieste en début d'après midi, après un goûter d'épis de maïs grillés au BBQ, et lorsque le ciel s'éclaircit, nous partons à pied au village à 6 km avec Léna et Maëlle pendant que Célia et Maxime restent jouer au camping. Au bout de cette jolie promenade qui longe la côte dans le bush, nous arrivons au Général store, une station service qui vend quelques premières nécessités à des prix prohibitifs. Nous achetons du lait et du pain pour notre petit dej du lendemain, puis nous rebroussons chemin. Le retour est une bonne occasion pour tester un mode de transport que nous n'avons pas encore utilisé : l'autostop ! Le plus difficile n'est pas de faire s'arrêter des voitures, mais bien de trouver des voitures à arrêter...Finalement, la première berline que nous voyons de la semaine, avec à son volant une étudiante qui habite ici, s'arrête et nous ramène gentiment au camping : mission accomplie. La journée se termine par nos 750g de pâtes, cette fois Ricotta !


Jeudi matin, nous nous réveillons difficilement de cette nuit qui a été incontestablement la plus froide depuis le début de notre voyage (8°C). Il y a quelques jours, il faisait 40°C...pas évident de s'acclimater. Après le petit déjeuner, et pour se motiver, démarre notre traditionnel concours de démontage de tentes qui oppose Maëlle et Célia à Maxime et moi pendant que Léna range le petit dèj.

Tour du monde en famille à vélo : Tentes
Illustration pour la bonne compréhension du lecteur : au premier plan une tente pliée, en arrière plan une tente en cours de pliage.

C'est à couteaux tirés ce matin, tout va se jouer au pliage final de la tente. Nous faisons de notre mieux pour entrer dans la légende des plieurs de tentes depuis le début de l'aventure où chaque départ est l'occasion de démontrer nos compétences, la précision chirurgicale des gestes alliée à la rapidité du professionnel expérimenté...et comme à chaque fois, le vainqueur ne manquera pas l'occasion d'un petit mot à l'égard de son concurrent pour lui signifier son éclatante victoire. Par humilité, je ne donnerais pas le nom des vainqueurs, mais toutefois un indice : il semblerait que la tente des parents soit plus facile à plier que celle des enfants...

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Maxou, en configuration "livraison à domicile"

Ainsi réchauffés, nous prenons la route pour Yarram, à 10km, où nous faisons le plein de courses. Afin de pouvoir stocker un peu plus de provisions que d'habitude, nous fixons un gros carton sur le porte bagage de Maxou tout content de se prendre pour un livreur de pizzas à vélo, métier d'avenir "s'il en est" ! Dans son carton, un article va animer notre journée : un lot de 6 pains hamburgers...Nous sommes 5, qui va avoir le sixième pain hamburger quand viendra le moment de trancher ?

Le premier qui voit un marsupial (un koala, un kangourou, un wallaby ou un wombat) sera le grand gagnant, c'est décidé ! Ainsi, nous parcourons nos 60km du jour à l'affut de tout poil dépassant des arbres ou des buissons. Assez rapidement nous voyons un kangourou, puis un second, puis un troisième, puis un wombat ! Mais la règle doit être reprécisée : celui qui aura le pain hamburger en rab doit voir un marsupial vivant...En effet, c'est un vrai carnage aujourd'hui sur le bord de la route, malgré les panneaux signalant la présence d'animaux sauvages, nous prenons une véritable leçon d'anatomie marsupiale...A la fin de la journée, nous aurons compté 5 kangourous et 3 wombats fraîchement tués. C'est triste.

Mais nous verrons aussi un kangourou vivant et tout sautillant : impossible de nous départager quant au premier qui l'a vu...Nous verrons également un renard, des lapins, un échidné à nez court (le cousin Australien du Porc-épic), une tortue mal en point sur la route, et tout un tas d'oiseaux multicolores parmi lesquels celui que nous surnommons le "JBL", car il émet un "puissant son à 360°" qui rend très difficile sa localisation. Nous aurons donc été de surprise en surprise lors de cette étape, via des routes en bon état et très agréables.

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Bivouac à McLoughlins Beach

Les 5 derniers kilomètres, nous rejoignons les dunes de McLoughlins Beach en empruntant un chemin sablonneux en tôle ondulé, type de sentier que nous exécrons tant il demande un gainage permanent des abdos pour éviter le tassement de vertèbres sur nos vélos sans suspensions ni amortisseurs...Mais cette petite difficulté est vite oubliée lorsque le bivouac est établi dans la pelouse verdoyante et moëlleuse derrière la plage déserte et infinie qui fait face à l'océan. C'est en dégustant des poissons panés au citron et de la semoule que nous profitons du coucher de soleil côté terre avant de s'endormir dans le calme troublé uniquement par les rafales de vent.


Vendredi, je me réveille comme souvent un peu avant le reste de l'équipée, et je savoure le lever de soleil, seul sur la plage avec mon café pas terrible mais que je n'échangerais finalement à ce moment là contre rien au monde.

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Seul au monde, le café du matin...

Petit dej, pliage de camp et lavage de dent à l'économie d'eau, nos réserves étant quasiment vides. Nous partons aujourd'hui pour Sale, à 50km. Nous reprenons la piste en tôle ondulée sur 5 km qui nous secoue comme pour définitivement nous réveiller. Nous assistons au nourrissage de l'énorme troupeau de moutons gris du fermier local, chouette spectacle. Lors de cette étape sur une route très peu fréquentée, nous verrons de nombreux squelettes d'animaux divers qui nous permettront de finaliser notre connaissance de l'anatomie marsupiale. Le ciel se voile rapidement et la gorge commence à piquer, les yeux pleurent : de grands incendies ravagent le bush dans le Victoria et ce sont leurs fumées que nous traversons. C'est confirmé par le site d'alerte sanitaire du Victoria. Nous ne verrons plus le soleil de la journée.

A cours d'eau, nous nous arrêtons dans un général store pour demander s'il est possible de remplir une bouteille et utiliser la table de pique nique de dehors pour déjeuner. Nous arrivons ensuite à Sale en empruntant une piste cyclable qui nous mène au port. Nous y rencontrons Ulf, un Allemand qui pédale vers Sydney en solo.

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Hamburgers accompagnés de salade fêta pour la bonne conscience !

Nous rejoignons ensuite un petit camping où nous sommes accueillis avec enthousiasme par la gérante qui nous explique les incendies et leur localisation, ainsi que la sécheresse qui sévit ici depuis 2 ans 1/2. Avec son mari, ils nous mettent une cuisine industrielle à disposition : l'occasion, après avoir travaillé, de faire ces fameux hamburgers accompagnés de salade Grecque à la fêta, pour nous rappeler de bons souvenirs : un délice !



Samedi, une certaine inertie s'empare de nous. A 9h nous sommes presque prêts à partir, mais nous ne partons qu'à 10h : petite discussion par ci, "j'ai oublié de me crémer" par là, "Maxou tu t'es lavé les dents ?", "Attend j'ai oublié un truc dans ma sacoche...", bref tout un tas de petits contretemps qui en génèrent un gros au final. Et c'est dommage, c'est le jour où on veut faire 80km...Dans un climat un brin tendu, nous partons, et rapidement tout se détend : nous roulons 40km en 2 heures, il n'y a pas de vent, c'est plat, les conditions sont parfaites. Nous nous arrêtons pique niquer sans avoir à faire de détour, puis l'inertie reprend au moment de repartir, il y a des jours comme ça... Là, nous allons payer l'erreur du matin : le vent s'est levé et nous souffle fort en pleine face. Nous mettrons difficilement plus de 3h30 à parcourir les 40km restants...

Arrivés à Paynesville, nous prenons le temps de donner à manger à 2 magnifiques chevaux sur le bord de la route. Lorsque nous repartons, ceux-ci galopent à nos cotés pour notre plus grand plaisir ! Nous arrivons dans un camping au bord du lac King, prix raisonnable, chouette environnement, c'est voté nous y resterons 2 nuits ! Après une bonne douche et une bonne platrée de pâtes, quelques discussions avec des locaux, au dodo pour une bonne nuit à peine troublée par les quelques fêtards qui profitent de ce week end de 3 jours pour se détendre bruyamment (lundi est férié, fête du travail).


Dimanche, je commence par profiter du lever de soleil sur le lac avec mon petit café. La fumée est de retour aujourd'hui, et elle voilera le soleil toute la journée.

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Lever de soleil sur le King lake

Nous partageons ensuite joyeusement le petit déjeuner, puis les enfants travaillent, Léna gère la lessive et je commence la rédaction des cet article, devant le lac et les jetskis vrombissants des Aussies en week-end. Après le déjeuner, nous prenons nos vélos pour nous rendre sur l'île de Raymond Island. En parcourant les 6 km qui nous permettront de prendre le bac, nous observons déjà un "troupeau" d'une vingtaine de kangourous assez loin de nous dans une réserve naturelle. Une fois sur l'île nous attachons nos vélos pour parcourir à pied le trail des koalas : nous verrons au total 43 koalas dans les magnifiques eucalyptus.

Extraordinaire expérience que de se promener dans cet environnement encore sauvage et peu fréquenté (et gratuit), et de voir ces nounours manger, grimper et dormir sans avoir été domestiqués ou emprisonnés pour servir un business quelconque. Après 2 heures d'observation, nous reprenons les vélos pour faire le tour de l'île par le nord. Nous y voyons de très nombreux kangourous, dont 2 (une maman et son petit) que nous approcherons à 5m et avec lesquels nous nous observerons réciproquement pendant un bon quart d'heure.

Tour du monde en famille à vélo : Australie
Fish and chips sur le port de Paynesville

Nous retraversons vers Paynesville où nous allons nous enfiler un délicieux Fish and Chips (portion pour 8!) sur le port. C'est dimanche, jour de notre "plaisir si le budget hebdomadaire a été respecté", et aussi étonnant que cela puisse paraître, nous sommes depuis 3 semaines bien en dessous de notre prévisionnel du fait des nombreuses nuits gratuites que nous enchaînons dans la nature sauvage, quasiment au même niveau qu'en Asie ! Nous rentrons ensuite au camping et sur le chemin nous rencontrons encore plusieurs colonies de Kangourous : encore des moments magiques. A notre arrivée, plusieurs Australien(ne)s viennent nous voir pour discuter de notre aventure : on sent que le bouche à oreille a pas mal fonctionné en notre absence aujourd'hui et nous sommes observés comme des bêtes curieuses, mais avec beaucoup de bienveillance.


Avant d'aller se coucher, Maëlle imagine une vengeance sur les fêtards en musique s'ils nous empêchent à nouveau de dormir et improvise un texte sur l'air de "On va s'aimer " du grand Gilbert. Il résume bien l'ambiance qui règne dans ce pays et qui, un peu arrangé, donne ceci :

"On va camper,

Sur un jetski ou sur un Barbecue

Avec un Koala et un kangourou,

Dans un gros véhicule motorisé,

Sur-di-men-sio-nné !"


Pour résumer, c'était une semaine animalière et aventureuse qui aura beaucoup plu aux petits comme aux grands !

A bientôt pour la suite des aventures,


Gilles